Hausse des prélèvements sociaux à la sortie, fin de la déductibilité après 70 ans, allongement à cinq ans du report des plafonds non utilisés : le plan d’épargne retraite a été remanié à l’automne 2025. Décryptage des changements et de leurs conséquences pour votre épargne.
Régulièrement critiqué pour les marges d’optimisation fiscale qu’il offre aux contribuables les plus aisés, le plan d’épargne retraite (PER) a de nouveau été au cœur des discussions budgétaires à l’automne 2025. Le résultat se traduit par deux légers coups de rabot et un assouplissement bienvenu sur la mécanique de rattrapage. Pour qui a fait du PER un pilier de sa stratégie de retraite, ces évolutions méritent une lecture attentive.
Prélèvements sociaux PER à 18,6 % : ce qui change à la sortie
Le premier changement concerne les prélèvements sociaux à la sortie. Depuis le 1er janvier 2026, les gains du PER sont concernés par la hausse de la CSG de 9,2 % à 10,6 %. Le taux global des prélèvements sociaux passe ainsi de 17,2 % à 18,6 %. À la sortie en capital, les plus-values sont soumises à la flat tax désormais portée à 31,4 %. En cas de sortie en rente viagère, celle-ci est fiscalisée comme une pension de retraite. Tant que les fonds restent dans le PER, les revenus générés échappent à la taxe de 18,6 % : l’effet de levier du différé de paiement sur la capitalisation finale reste puissant.
Fin de la déductibilité du PER à 70 ans : qui est concerné
Deuxième changement : depuis le 1er janvier 2026, la déductibilité fiscale des versements s’arrête aux 70 ans de l’épargnant. Cette mesure pénalise notamment les travailleurs indépendants et professions libérales amenés à poursuivre leur activité au-delà de cet âge. En 2026, un contribuable peut déduire jusqu’à 37 680 euros (jusqu’à 88 911 euros pour les travailleurs non salariés sous régime spécifique). Un plancher de 4 710 euros reste prévu pour les contribuables peu imposés.
Plafond PER non utilisé : le report étendu à 5 ans
La bonne nouvelle vient du mécanisme de rattrapage. La loi de finances pour 2026 a allongé la durée de report des plafonds non utilisés de trois à cinq ans, et le dispositif peut être mutualisé avec celui du conjoint. Cette extension est particulièrement utile pour qui bénéficie d’une rentrée d’argent inattendue — vente d’un bien, prime exceptionnelle, héritage. L’ordre d’imputation est précis : on sature d’abord le plafond de l’année en cours, puis on consomme prioritairement le plafond non utilisé de l’année la plus éloignée pour ne pas le perdre.
Questions fréquentes
Quel est le nouveau taux de prélèvements sociaux sur le PER en 2026 ?
Depuis le 1er janvier 2026, le taux global des prélèvements sociaux sur les gains du PER passe de 17,2 % à 18,6 %, en raison de la hausse de la CSG votée dans la loi de financement de la Sécurité sociale 2026. La flat tax à la sortie atteint donc 31,4 %.
Peut-on encore déduire ses versements PER après 70 ans en 2026 ?
Non. Depuis le 1er janvier 2026, la déductibilité fiscale des versements PER s’arrête aux 70 ans de l’épargnant.
Quel est le plafond de déduction PER en 2026 ?
En 2026, le plafond est fixé à 10 % des revenus professionnels nets de 2025, dans la limite de 37 680 euros pour les salariés (jusqu’à 88 911 euros pour les travailleurs non salariés). Un plancher de 4 710 euros existe pour les contribuables peu imposés.
Comment fonctionne le report des plafonds PER non utilisés en 2026 ?
La loi de finances pour 2026 a allongé de 3 à 5 ans la durée de report des plafonds non utilisés, mutualisable avec le conjoint. On sature d’abord le plafond de l’année en cours, puis on consomme prioritairement le plafond le plus ancien.
Comparer PER et assurance vie en 2026 : tableau récapitulatif
PER et assurance vie sont souvent présentés comme concurrents, mais ils répondent à des logiques complémentaires. Le PER offre une déductibilité fiscale immédiate des versements — un avantage décisif pour les contribuables fortement imposés — mais les sommes sont bloquées jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé (acquisition de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint, surendettement, cessation d’activité non salariée). À la sortie, l’imposition est totale sur les sommes déduites (barème IR sur le capital, flat tax à 31,4 % sur les gains), là où l’assurance vie bénéficie d’une fiscalité allégée après 8 ans.
L’assurance vie, de son côté, offre une disponibilité permanente des capitaux, une fiscalité plus douce à la sortie (abattement annuel de 4 600 ou 9 200 euros après 8 ans) et un cadre successoral inégalé (abattement de 152 500 euros par bénéficiaire pour les versements avant 70 ans). La règle générale : pour un contribuable dont le TMI est de 41 ou 45 %, le PER est quasi systématiquement plus avantageux sur les premières années d’épargne grâce à l’économie fiscale immédiate. Pour un TMI de 30 %, l’arbitrage dépend de l’horizon de placement et des projets de transmission. Pour un TMI inférieur à 30 %, l’assurance vie est généralement préférable, la déductibilité PER générant une économie trop faible pour compenser l’illiquidité.
Ouvrir un PER en 2026 : les meilleurs contrats
Le marché du PER individuel (ancien PERP ou contrat Madelin transformés) s’est considérablement structuré depuis 2019. Les meilleurs contrats se distinguent sur trois critères : les frais (frais sur versement idéalement à 0 %, frais de gestion sur unités de compte inférieurs à 0,60 %), la richesse du catalogue d’unités de compte (avec accès aux ETF et aux fonds de private equity) et les options de gestion pilotée à horizon. La gestion pilotée à horizon est d’ailleurs la modalité recommandée par défaut dans le cadre du PER : elle réduit automatiquement la part des actifs risqués au fur et à mesure que la date de départ à la retraite approche, sans nécessiter d’interventions manuelles.
Les acteurs en ligne et les assureurs spécialisés proposent depuis 2023 des PER sans frais d’entrée avec accès à des centaines d’ETF. Les banques de réseau commercialisent encore des PER avec des frais sur versement pouvant atteindre 2 à 3 %, et des catalogues d’UC plus limités. Pour un épargnant qui souhaite ouvrir un PER en 2026, une comparaison approfondie des conditions générales — et notamment des grilles de frais sur les arbitrages entre supports — est indispensable avant toute souscription.
PER entreprise versus PER individuel : lequel privilégier ?
Le plan d’épargne retraite existe sous trois formes : le PER individuel (ouvert à tout contribuable, alimenté par des versements volontaires), le PER collectif (successeur du PERCO, mis en place par l’entreprise et alimenté notamment par la participation, l’intéressement et l’abondement de l’employeur) et le PER obligatoire (ex-article 83, réservé à certaines catégories de salariés). Pour un salarié bénéficiant d’un PER collectif, l’abondement de l’employeur constitue un avantage immédiat qui peut représenter plusieurs centaines à plusieurs milliers d’euros par an de complément gratuit — un rendement sans équivalent sur aucun autre placement. Verser suffisamment pour déclencher l’abondement maximal est donc toujours prioritaire.
Le PER individuel prend le relais pour les montants complémentaires, avec une flexibilité de versement totale et la possibilité de choisir librement le gestionnaire. Les deux PER peuvent coexister et leurs plafonds de déductibilité se cumulent dans la limite globale annuelle. Pour les travailleurs non salariés (TNS) — indépendants, professions libérales, gérants majoritaires — le PER individuel avec des versements au titre du régime Madelin remplacé permet d’atteindre des plafonds de déductibilité nettement supérieurs à ceux des salariés, pouvant dépasser 80 000 euros par an dans les situations les plus favorables. C’est l’un des derniers leviers d’optimisation fiscale à la portée de cette catégorie de contribuables, d’autant plus précieux depuis le durcissement de la fiscalité sur les plus-values et les dividendes.





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