Article publié et mis à jour le 1er mai 2026.
Selon une note de l’Autorité des marchés financiers publiée fin avril 2026, les frais des fonds, comptes-titres et PEA ont reculé en 2025. Une bonne nouvelle pour les épargnants, mais qui ne doit pas masquer l’écart structurel entre gestion active et fonds indiciels.
Les épargnants ont une raison supplémentaire de regarder de près le détail de leurs placements. Selon une note publiée fin avril par l’AMF, les frais des organismes de placement collectif (OPC), comme ceux des comptes-titres et des PEA, ont continué de diminuer en 2025. Cette tendance, à l’œuvre depuis plusieurs années sous l’effet conjugué de la pression réglementaire et de la concurrence des acteurs en ligne, redessine progressivement le paysage de l’épargne financière.
Frais des fonds actifs vs ETF : un écart qui ne se résorbe pas
En moyenne, les épargnants ayant investi dans un OPC ont supporté 1,06 % de frais courants en 2025, contre 1,16 % en 2024. En intégrant les commissions de surperformance, les frais totaux atteignent 1,37 % en 2025. Les ETF n’ont prélevé en moyenne que 0,33 % l’année dernière, après 0,36 % en 2024. Sur un horizon de quinze à vingt ans, ce différentiel d’environ un point par an peut représenter 20 à 25 % de capital final supplémentaire à montant investi équivalent.
Frais de courtage PEA et compte-titres : la concurrence des néobrokers fait bouger les lignes
L’AMF distingue deux familles de courtiers. Les banques de réseau facturent en moyenne 0,65 % via un compte-titres et 0,49 % via un PEA pour un ordre de 1 000 euros. Attention aux commissions minimales de 5 à 12 euros, qui pèsent lourd sur les petits ordres. Les néobrokers vont parfois jusqu’à la gratuité, mais cette générosité est fréquemment conditionnée à un plan d’investissement programmé ou restreinte aux ETF.
Comment vérifier les frais réels de vos placements
Le document d’information clé pour l’investisseur (DICI) et le rapport annuel de gestion restent les sources de référence. Le passage en revue annuel des frais réellement supportés — fonds, enveloppes, mandats, courtage — fait partie des leviers d’optimisation les plus accessibles : récupérer le DICI de chaque fonds détenu, comparer les frais courants à la moyenne du marché, et arbitrer en faveur des supports les moins chargés à profil de risque équivalent.
Questions fréquentes
Quels sont les frais moyens d’un fonds en 2025 ?
Selon l’AMF, les frais moyens d’un fonds atteignent 1,06 % en 2025, hors commissions de surperformance. Avec ces commissions, les frais totaux montent à 1,37 % en moyenne.
Quels sont les frais moyens d’un ETF en 2025 ?
Les ETF affichent des frais moyens de 0,33 % en 2025, contre 0,36 % en 2024. C’est plus de quatre fois moins que les fonds actifs, ce qui peut représenter 20 à 25 % de capital final supplémentaire sur 15 à 20 ans.
Combien coûte un ordre de Bourse via un PEA en 2026 ?
Pour un ordre de 1 000 euros via un PEA, les banques de réseau facturent en moyenne 0,49 %, soit 4,90 euros. Les courtiers en ligne et néobrokers facturent souvent moins, parfois jusqu’à la gratuité sous conditions.
Comment connaître les frais réels d’un placement ?
Le DICI détaille tous les frais d’un fonds. L’établissement gestionnaire doit communiquer ces informations en pourcentage et en euros, avant toute souscription et au moins une fois par an.
Construire un portefeuille ETF en 2026 : allocation type
L’attrait croissant pour les ETF ne se traduit pas toujours par une allocation cohérente. Beaucoup d’épargnants accumulent des trackers sans logique d’ensemble, créant des doublons d’exposition ou des déséquilibres géographiques. Une allocation cœur de portefeuille repose généralement sur trois à cinq ETF couvrant les grandes classes d’actifs. En actions, un ETF monde (répliquant par exemple l’indice MSCI World, qui concentre environ 70 % de pondération américaine) constitue la base. Il peut être complété par un ETF marchés émergents pour diversifier géographiquement, et un ETF Europe ou zone euro pour réduire le biais dollar.
En obligations, un ETF agrégat obligataire mondial ou un ETF gouvernemental zone euro offre une décorrélation partielle avec les actions, utile pour les profils modérés. Pour les investisseurs souhaitant une exposition à l’immobilier coté, un ETF REIT (Real Estate Investment Trust) mondial permet d’accéder à cette classe d’actifs sans les contraintes de la détention directe. Les frais de ces ETF oscillent entre 0,07 % (MSCI World chez certains émetteurs) et 0,45 % pour les catégories plus spécialisées — très loin des 1,37 % moyens des fonds actifs. La clé d’une bonne allocation ETF est sa stabilité dans le temps : éviter de trop ajuster le portefeuille en fonction des tendances du moment est l’une des principales sources de surperformance à long terme.
Les meilleurs ETF par classe d’actif en 2026 : critères de sélection
Le choix d’un ETF ne se limite pas aux frais de gestion. Plusieurs critères complémentaires méritent d’être examinés. L’encours sous gestion (AUM) est le premier indicateur de liquidité : un ETF gérant moins de 100 millions d’euros présente un risque de fermeture plus élevé qu’un fonds de 5 milliards. Le spread bid-ask — l’écart entre le prix d’achat et de vente sur le marché secondaire — doit être le plus faible possible, idéalement inférieur à 0,05 % pour les grandes capitalisations. La méthode de réplication, physique complète ou par échantillonnage, influe sur la précision du suivi de l’indice.
La politique de distribution distingue les ETF à capitalisation (dividendes réinvestis automatiquement, idéal pour le PEA et l’assurance vie) des ETF distributifs (dividendes versés, imposables l’année de distribution). Pour un investisseur long terme dans une enveloppe capitalisante, les ETF à capitalisation sont préférables car ils optimisent l’effet des intérêts composés. Enfin, l’éligibilité au PEA — réservée aux ETF répliquant des indices composés d’actions européennes ou utilisant des ETF synthétiques éligibles — conditionne la possibilité de loger le tracker dans cette enveloppe fiscalement avantageuse après 5 ans.
Comment lire un DICI pas à pas
Le document d’information clé pour l’investisseur (DICI) est le document réglementaire synthétique que tout gestionnaire de fonds est tenu de produire. Sa lecture méthodique permet de comparer objectivement des fonds entre eux. La première section présente les objectifs et la politique d’investissement : l’indice répliqué ou la stratégie suivie, la zone géographique couverte, la classe d’actifs ciblée. La deuxième section indique le profil de risque et de rendement sur une échelle de 1 à 7. Un ETF actions monde se situe généralement entre 5 et 6, un ETF obligataire entre 2 et 4.
La troisième section, la plus importante pour la comparaison, détaille les frais : frais d’entrée (souvent 0 % pour les ETF), frais courants annuels (TER, total expense ratio) et commissions de surperformance (inexistantes pour les ETF passifs). C’est ce TER qui figure dans les statistiques de l’AMF à 0,33 % en moyenne en 2025. La quatrième section présente les performances passées sur les dix dernières années — à prendre avec précaution car non garanties. La cinquième section indique la durée de placement recommandée et les conditions de remboursement. Une lecture systématique de ce document avant chaque souscription prend moins de cinq minutes et évite les mauvaises surprises sur les frais réels supportés.
