Article publié et mis à jour le 1er mai 2026.

Les dividendes, intérêts et plus-values mobilières encaissés en 2025 sont soumis par défaut au prélèvement forfaitaire unique. Un seul clic — la case 2OP — permet de basculer vers le barème progressif. Voici les rares situations dans lesquelles cet arbitrage peut s’avérer gagnant.

La déclaration de revenus 2026 est l’occasion de revisiter vos arbitrages fiscaux sur les revenus de placement. Les dividendes et intérêts encaissés en 2025 ont été soumis d’office au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % — 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Derrière cette apparente simplicité, l’option pour le barème progressif reste possible et mérite, dans certains cas, un examen attentif.

Case 2OP : dans quels cas opter pour le barème progressif ?

Pour renoncer à l’imposition forfaitaire, il suffit de cocher la case 2OP. L’option est globale et irrévocable pour l’année concernée. L’arbitrage se joue sur le différentiel entre votre taux marginal d’imposition (TMI) et le taux forfaitaire de 12,8 %, en tenant compte de l’abattement de 40 % sur les dividendes et de la déductibilité partielle de la CSG (6,8 %). En pratique, l’option est rarement avantageuse. Pour les contribuables dont le TMI ne dépasse pas 11 %, elle peut se révéler favorable.

Plus-values mobilières 2025 : la rétroactivité de la flat tax à 31,4 %

Une subtilité essentielle distingue 2025 des années passées. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG sur certains revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %, portant les prélèvements sociaux globaux de 17,2 % à 18,6 % et le PFU de 30 % à 31,4 %. Cette hausse s’applique de manière rétroactive aux plus-values mobilières réalisées dès 2025. Une cession d’actions effectuée en février 2025 sera donc bien imposée à 31,4 %, et non à 30 %.

Stratégies fiscales pour vos placements financiers en 2026

Cette rétroactivité ne s’applique pas aux contrats d’assurance vie (prélèvements sociaux maintenus à 17,2 %) ni au PEA. Trois réflexes à adopter avant le 19 mai 2026 : vérifier ligne à ligne les montants préremplis sur la base de l’IFU, simuler l’option case 2OP dans son espace personnel impots.gouv.fr, et ne pas oublier les moins-values reportables des dix années précédentes.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la case 2OP sur la déclaration de revenus ?

La case 2OP permet de renoncer au PFU à 30 % pour soumettre l’ensemble de ses revenus de placement au barème progressif de l’impôt sur le revenu. L’option est globale et irrévocable pour l’année concernée.

Faut-il cocher la case 2OP en 2026 ?

L’option est généralement avantageuse uniquement pour les contribuables dont le taux marginal d’imposition ne dépasse pas 11 %. Au-delà, le PFU reste presque toujours préférable.

Quel est le taux de la flat tax en 2026 ?

Pour les revenus 2025 perçus avant le 1er janvier 2026 (dividendes, intérêts), le PFU reste à 30 %. Pour les plus-values mobilières 2025 (par rétroactivité) et les revenus 2026, le PFU passe à 31,4 %.

Pourquoi mes plus-values 2025 sont-elles imposées à 31,4 % et non à 30 % ?

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a relevé rétroactivement la CSG sur les plus-values mobilières réalisées dès 2025. Les prélèvements sociaux passent de 17,2 % à 18,6 %, portant le PFU global à 31,4 %.

Simuler l’option 2OP sur impots.gouv.fr : mode d’emploi

Avant de cocher ou non la case 2OP, la simulation dans l’espace personnel impots.gouv.fr est fortement recommandée. L’outil est disponible dès l’ouverture du service de déclaration en ligne, généralement début avril. La démarche est simple : remplir sa déclaration normalement, sans cocher la case 2OP, et noter le montant d’impôt calculé. Puis cocher la case 2OP et observer si le montant augmente ou diminue. Le simulateur intègre automatiquement l’abattement de 40 % sur les dividendes, la déductibilité partielle de la CSG à 6,8 % et l’ensemble des autres paramètres du foyer fiscal.

La simulation est d’autant plus utile que l’option 2OP est globale et irrévocable pour l’année concernée. Elle ne peut pas être modulée fonds par fonds ou revenu par revenu : dès lors que la case est cochée, tous les revenus de capitaux mobiliers et toutes les plus-values de cession de valeurs mobilières passent au barème. Si certains revenus gagneraient au barème (par exemple les dividendes d’un contribuable peu imposé) mais que d’autres y perdraient (par exemple les plus-values d’un contribuable dans la tranche à 41 %), le calcul global détermine seul s’il est opportun d’opter.

Dividendes versus plus-values : différences de traitement fiscal

Dividendes et plus-values sont tous deux éligibles au PFU, mais leur traitement au barème progressif diffère sur deux points essentiels. Les dividendes bénéficient, en cas d’option pour le barème, d’un abattement de 40 % sur leur montant brut avant imposition — un avantage réservé aux dividendes distribués par des sociétés françaises ou étrangères soumises à l’impôt sur les sociétés. Cet abattement peut rendre le barème plus attractif que le PFU pour les contribuables dont le TMI est inférieur ou égal à 30 % (tranche à 30 %, soit revenus imposables entre 27 478 et 78 570 euros en 2026).

Les plus-values mobilières, en revanche, ne bénéficient d’aucun abattement général au barème, sauf pour les titres acquis avant 2018 qui peuvent encore bénéficier d’abattements pour durée de détention dans certains cas spécifiques (cession de PME, départ en retraite du dirigeant). Pour les plus-values « ordinaires » sur actions ou fonds cotés, le PFU à 31,4 % est presque toujours préférable pour les contribuables imposés à 30 % ou plus, car le barème ajouterait les prélèvements sociaux de 18,6 % à l’impôt sur le revenu au taux marginal, sans aucun abattement compensateur.

Revenus de placement et imposition sur le revenu : le tableau complet

Tous les revenus de placement ne relèvent pas du même régime fiscal. Les intérêts des livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP) sont totalement exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux — ils n’entrent donc pas dans le champ du PFU ni de la case 2OP. Les revenus des contrats d’assurance vie sont soumis à un régime spécifique dépendant de la durée de détention et de la date des versements : flat tax à 30 % (7,5 % d’IR + 17,2 % de PS) pour les contrats de plus de 8 ans jusqu’à l’abattement annuel, et 12,8 % au-delà. Les revenus du PEA sont exonérés d’impôt sur le revenu après 5 ans, mais soumis aux prélèvements sociaux de 17,2 % sur les gains (et non 18,6 %, car les PEA bénéficient d’une règle de stratification qui maintient le taux applicable à la date d’acquisition des gains).

Les dividendes et intérêts perçus en compte-titres ordinaire sont soumis au PFU de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 (ou au barème sur option 2OP). Les revenus fonciers, issus de la location nue, relèvent du régime des revenus fonciers et non du PFU — ils sont imposés au barème progressif après déduction des charges, et soumis aux prélèvements sociaux de 17,2 %. Enfin, les revenus des SCPI détenus en direct suivent le régime des revenus fonciers pour la quote-part de revenus immobiliers, et le régime des revenus de capitaux mobiliers pour les revenus financiers distribués.


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