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Tarifs des Banques : des baisses de frais en trompe-l’œil

Des baisses de frais dans les banques ?

La dernière étude de l’Observatoire des tarifs bancaires offre son lot de tarifs bancaires délirants, de baisse en trompe-l’oeil et de hausses de prix injustifiées. Détails.

C’est un document très attendu ! Le rapport annuel de l’Observatoire des tarifs bancaires, une émanation de l’APCR, le gendarme des établissements financiers. Et pour cette étude, contrairement aux enquêtes de la presse, les banques ne peuvent pas s’exonérer de transmettre leurs données.

Conclusions de l’observatoire : « L’année 2017 a été marquée par un double mouvement consistant en une modération certaine des tarifs, voire une baisse des tarifs des services dématérialisés liés à la banque en ligne ou à des opérations automatisées commencées par le client lui-même (virements) et dans le même temps une convergence lente des tarifs des différents types de cartes bancaires. Par ailleurs, le mouvement de tarification des frais de tenue de compte semble s’achever et ces tarifs, quasi généralisés, connaissent une très faible hausse en janvier 2018, 78 % des établissements les laissant inchangés. »

Des frais de tenue de compte en banque stables, après avoir flambés de 165 %

En clair, le coût des services bancaires en ligne sur le marché français a continué de reculer en 2018 mais dans le même temps les banques ont augmenté certains de leurs tarifs comme les cotisations des cartes proposées à certains publics fragiles et surtout leurs frais de tenue de compte.

Selon le rapport annuel de l’Observatoire des tarifs bancaires, ces prélèvements effectués par la plupart des banques sur les comptes courants de leurs clients ont flambé de 165,80 % entre 2012 et 2017. Pour les 112 établissements du panel présentant une tarification pour ces frais, on constate aujourd’hui un montant moyen de 19,23 euros, souligne l’étude.
Le prix des abonnements « internet » permettant de gérer ses comptes en ligne, lui, poursuit sa baisse depuis 2012, souligne l’observatoire dans ce rapport, qui a constaté début janvier un repli de 31 % par rapport au 31 décembre 2017.

Depuis décembre 2012, les prix de ces services en ligne affichent ainsi un repli de presque 78 %, sous la pression des banques en ligne qui proposent ce service gratuitement depuis une dizaine d’années.

« On observe plus généralement, une stabilité des prix pour les services qui sont proposés gratuitement ».

Défense de rire !

C’est le cas « des tarifs des frais de mise en place d’un prélèvement, des prélèvements à l’unité et des virements par Internet » se réjouit l’observatoire des tarifs bancaires. « Ces tarifs gratuits partout depuis 2013, n’ont pas bougé en janvier et sont restés au plancher », détaille l’étude.

Mais c’est côté des hausses des frais des banques que l’étude est la plus intéressante

L’observatoire s’inquiète toutefois d’une hausse des cotisations des cartes de paiement international à débit immédiat (+1,48 % en janvier, +11 % depuis 2012) et des cartes à autorisation systématique, dont le coût s’est renchéri de 0,76 % en janvier par rapport au 31 décembre 2017. Depuis 2012, la hausse des frais atteint 6,03 % pour ce type de cartes souvent utilisées par les personnes les plus fragiles.

Les banques poussent massivement leurs clients vers le débit différé pour des raisons purement financières. Pour ce faire, elles baissent les tarifs des cartes à débit différé et augmentent celles à débit immédiat

Retrouvez l’article de Mylittlemoney qui explique les raisons de ce mouvement lié à l’évolution des commissions payées par les commerçants en fonction du type de carte bancaire.

Parmi les autres services dont le coût a progressé en janvier figurent notamment ainsi que les virements occasionnels externes au sein de la zone euro lorsque ceux-ci sont réalisés en agence (+1,31 % en janvier, +10 % depuis 2012).

Les banques ne manquent jamais d’imagination pour pousser le curseur sur certains frais « discrets »

Plusieurs enseignes vont adopter des tarifs plus élevés pour le transfert d’un compte épargne (comme le PEL ou le compte épargne logement) vers une autre banque. Ce sera le cas à la Banque Postale, au Crédit agricole Ile-de-France. Pompon pour Le CIC va facturer cette opération 90 euros en 2018 contre seulement 67 en 2017.

Par ailleurs, La Banque Postale va également pénaliser les « frais de tenue de compte » pour les comptes dits « inactifs » (qui n’ont pas enregistré de mouvement pendant 12 mois). Bien qu’ils restent en dessous de la limite imposée par la loi (soit 30 euros), en 2018, ces frais passeront à 25 euros pour l’année alors qu’ils s’élevaient à 15 euros en 2017.

Les commissions fixés au plafond maximum autorisé

L’Observatoire constate également que toutes les banques, ou presque, se sont alignées sur les tarifs maximum autorisés pour les commissions d’intervention, à savoir 8 euros pièces (cumul mensuel maxi de 80 euros). Y compris celles qui, auparavant, les facturaient moins cher.

Même constat pour les frais relatifs aux chèques impayés et aux rejets de prélèvements pour solde insuffisant : les enseignes, à de rares exception près, ont calé leurs tarifs sur les maximums légaux.

Des écarts délirants pour des prestations de base

La lettre pour vous prévenir que votre compte est débiteur est facturée de 0 à 24,40 euros selon les établissements. Idem pour la lettre d’information préalable au rejet de chèque, dite lettre Murcef, dont le coût varie de 0 à 20 euros ou pour les les frais pour chèques émis après une interdiction bancaire (comptez de 0 à 60 euros) ou encore les frais de propagation suite à une interdiction bancaire externe (de 10 à 182,40 euros).

Au final, la facture totale des frais bancaires a-t-elle flambé pour les clients ?

Oui. Selon le dernier rapport annuel de l’APCR, les banques ont poursuivi leur effort pour diversifier leurs sources de revenus et elles affichent toute une progression de leurs commissions de service portées par un accroissement de l’équipement de la clientèle et une hausse des tarifs (notamment de tenue de compte) alors que les commissions financières ont pâti d’un contexte de marché défavorable.

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Jean-Jacques Manceau

Jean-Jacques Manceau est diplômé d’un DEA d’Etudes politiques de Lille 2. Il commence sa carrière de journaliste à la Voix-du-Nord et à l’Etudiant avant de se spécialiser dans l’économie et la finance. D’abord au Revenu puis à Capital. Il devient rédacteur en chef à l’Expansion en 2002. Spécialiste en stratégie d'entreprise, il écrit en 2010 un ouvrage sur « Le Club Med, réinventer la machine à rêve ». En 2012, il s’oriente dans la communication en devenant Directeur de la communication externe d'une multinationale du sport. Il est aujourd'hui auteur et éditorialiste.

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