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PEE ou PER : quelle enveloppe d’épargne salariale choisir avant le fonds ?

L’épargne salariale et l’épargne retraite collective ont atteint 229,4 milliards d’euros d’encours à fin 2025, selon l’AFG. Près d’un tiers est investi dans des fonds d’actionnariat salarié, 16 % seulement en monétaire. Mais le bon placement dépend d’abord d’un arbitrage en amont : faut-il privilégier le PEE, débloquable à cinq ans, ou le PER, bloqué jusqu’à la retraite ? Les règles ont évolué, les supports aussi.

PEE ou PER : la règle simple pour décider

Si vous n’avez pas d’objectif explicite de retraite complémentaire, privilégiez le PEE. Il offre la même exonération à l’entrée que le PER (dans la limite de 35 325 euros en 2025 pour l’intéressement et la participation), mais préserve la liquidité de l’épargne après cinq ans. Le PER ne s’impose que si vous souhaitez vous constituer un complément de retraite et acceptez un blocage long en échange de la déductibilité optionnelle des versements volontaires du revenu imposable.

Entre 2007 et 2025, le MSCI World, indice des marchés actions au niveau mondial, a progressé d’environ 382 % dividendes réinvestis. Sur la même période, le CAC 40 affiche +139 % dividendes réinvestis, le marché obligataire investment grade +53 % et le monétaire seulement +17 %. Ces chiffres, issus du livre blanc de Lazard Frères Gestion, encadrent une question simple que se posent des millions de salariés français au moment de placer leur intéressement ou leur participation : où loger cette épargne, et sous quel format ?

Le premier arbitrage n’est pas celui du fonds, mais celui de l’enveloppe. Lorsqu’un salarié reçoit une prime d’intéressement ou de participation, il peut la verser sur un plan d’épargne entreprise (PEE, PEI ou PEG) ou sur un plan d’épargne retraite collectif (PER Collectif, anciennement PERCO). La fiscalité d’entrée est avantageuse dans les deux cas : exonération d’impôt sur le revenu dans la limite de 35 325 euros en 2025. Mais l’horizon de blocage diffère radicalement.

Cinq ans contre une vie active : choisir l’enveloppe avant le fonds

Le PEE bloque les sommes cinq ans minimum, sauf cas de déblocage anticipé. Le PER les bloque jusqu’au départ à la retraite, sauf événement de vie. Pour un salarié qui n’a pas d’objectif explicite de retraite complémentaire, le PEE constitue donc le réflexe le plus prudent. Il offre la même exonération à l’entrée que le PER, mais préserve la liquidité de l’épargne après le délai initial.

Dans tous les cas, les cas de déblocage anticipé restent nombreux. Acquisition de la résidence principale, invalidité, surendettement, décès du conjoint constituent un socle commun aux deux dispositifs. Le PEE ajoute des situations spécifiques comme le mariage, la naissance d’un troisième enfant, le divorce avec garde d’enfant ou encore la rénovation énergétique de la résidence principale, intégrée depuis 2024. Le PER, plus restrictif, ouvre toutefois la porte en cas d’expiration des droits à l’assurance chômage.

Une fois l’enveloppe choisie, la question du fonds se pose. Et c’est là que la réalité statistique surprend. Selon les données de l’AFG arrêtées à fin 2025, l’actionnariat salarié représente environ 35 % des encours d’épargne salariale, les fonds mixtes 22 %, et les fonds monétaires 16 %. Ce poids du monétaire sur des supports théoriquement orientés long terme traduit une aversion au risque souvent mal calibrée : avec une épargne bloquée cinq ans au minimum, voire toute une vie active dans un PER, se contenter d’un fonds monétaire revient à laisser dormir un capital qui pourrait travailler sur les marchés.

Actions internationales, ETF, non-coté : où placer son épargne sur la durée

Pour les salariés disposant d’un horizon long, les fonds actions restent statistiquement les plus rémunérateurs malgré leur volatilité. La diversification géographique compte : privilégier des fonds investis en actions internationales plutôt qu’en seules actions françaises permet de capter une croissance plus large. Le différentiel constaté depuis 2007 entre le MSCI World et le CAC 40, à l’avantage du premier, en témoigne. À l’autre bout du spectre, les fonds obligataires offrent un compromis intermédiaire, et les fonds diversifiés permettent à l’épargnant de déléguer entièrement l’allocation entre actions et obligations.

La gestion pilotée par défaut sur le PER

Pour ceux qui ne souhaitent pas piloter eux-mêmes leurs placements, la gestion pilotée constitue désormais le standard du PER, proposée par défaut sauf choix contraire du salarié. Son principe : ajuster automatiquement l’allocation en fonction de la date prévisionnelle de départ à la retraite, en privilégiant les actions tant que l’horizon est lointain puis en sécurisant progressivement vers l’obligataire et le monétaire à l’approche du terme. Le profil d’investisseur (prudent, équilibré, dynamique ou offensif) module la part actions à chaque étape. Selon l’AFG, près de 40 % de l’épargne retraite collective d’entreprise est désormais placée en gestion pilotée.

Le non-coté intégré depuis 2024

Nouveauté de fond depuis l’entrée en vigueur de la loi Industrie verte en octobre 2024 : la gestion pilotée des PER intègre désormais une part d’actifs non cotés, qu’il s’agisse de private equity ou de dette privée. Cette part varie de 0 % pour un profil prudent à moins de cinq ans de la retraite à 15 % pour un profil offensif disposant de plus de vingt ans devant lui. Les rendements potentiels sont supérieurs à ceux des marchés cotés, en contrepartie d’un risque et d’une illiquidité accrus.

Pour le salarié, la mécanique est automatique : aucune démarche n’est nécessaire, l’allocation se fait au sein du fonds. Reste à vérifier régulièrement que l’allocation choisie correspond toujours à ses projets, qui peuvent évoluer avec la vie. Rien n’est figé : un arbitrage est possible à tout moment, généralement à moindre coût, et la bascule entre gestion libre et gestion pilotée s’effectue d’un clic. À titre comparatif, l’assurance-vie reste l’autre grand véhicule de l’épargne longue, avec une souplesse fiscale différente après huit ans.

FAQ — Épargne salariale et retraite

Quelle est la différence entre PEE et PER ?

Le PEE bloque l’épargne 5 ans minimum (sauf cas de déblocage anticipé) et offre une exonération d’impôt sur le revenu à l’entrée. Le PER bloque jusqu’à la retraite mais permet, en option, de déduire les versements volontaires du revenu imposable.

Quel est le plafond d’exonération de l’intéressement et de la participation en 2025 ?

35 325 euros, soit 75 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, à condition de verser ces primes sur un PEE ou un PER dans les 15 jours suivant leur perception.

Quels sont les cas de déblocage anticipé du PEE ?

Mariage ou Pacs, naissance ou adoption d’un troisième enfant, divorce avec garde, acquisition de la résidence principale, surendettement, invalidité, décès, cessation du contrat de travail, et rénovation énergétique de la résidence principale depuis 2024.

Que recouvre la gestion pilotée d’un PER ?

La gestion pilotée ajuste automatiquement l’allocation entre actions, obligations et monétaire selon la date prévisionnelle de départ à la retraite. Plus l’horizon est lointain, plus la part actions est élevée. Elle constitue le mode par défaut du PER depuis 2019.

Qu’est-ce que le non-coté dans un PER ?

La loi Industrie verte impose depuis octobre 2024 d’intégrer dans la gestion pilotée des PER une part d’actifs non cotés (private equity, dette privée) variant de 0 à 15 % selon le profil et l’horizon, pour orienter l’épargne vers les PME et ETI françaises.

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