Supreme, Nike, les dessous du trading des sneakers

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Depuis plusieurs années, certains petits malins spéculent sur les sneakers des grandes marques comme Nike ou Supreme. Au point que le marché s’affole et les prix deviennent délirants. Certains en font même un business et gagnent jusqu’à 10000 euros par mois.

L’alerte est venue de chez… Lidl. Les fameuses baskets jaunes, en édition limitée, de l’enseigne low cost vendues 12,99 euros en magasin, se revendraient jusqu’à 1 255 sur les sites de revente !

Pour acheter et revendre un maximum de marchandises, les spéculateur de sneakers et autres articles de streetwear utilisent des « autobuyers », des logiciels de bot, programmés pour acheter un maximum de paires en quelques secondes au moment des drops (les mises en ligne de la marchandise par les enseignes) sur des sites comme Nike ou Supreme. Du coup, les séries limitées sont « sold out » en moins de 10 secondes. Avant même de recevoir leurs boîtes, ils les remettent immédiatement en vente sur des sites, des pages Facebook spécialisées ou des plateformes de « trading ».

Pour freiner cette spéculation, les marques et les magasins spécialisés se sont adaptés. Nike, Adidas et de nombreuses enseignes ont instauré des tirages au sort, les raffles, qui donnent, ou pas, le droit d’acheter, ce qui rend plus équitable l’accès à la marchandise. Supreme a fait le choix d’augmenter les quantités de produits disponibles à la vente.

Mais rien ne semble faire retomber la fièvre. Sur la plateforme StokX, la bourse du streetwear qui a rendu le marché plus transparent en permettant de créer une référence dans les prix des articles, au premier semestre, pour près de 2,5 milliards de dollars de marchandises ont été revendues.

StokX a engendré plus de 10 millions de transactions au 1er semestre 2020, soit une hausse de 50 % des transactions effectuées par rapport à l’année dernière, avec une croissance inédite dans des catégories de produits inattendus comme les puzzles (+582 %), les claquettes / slides (+ 364 %) ou encore les masques (+282 %).

Mais la marque la plus recherchée par les spéculateurs reste la Nike SB. « Avec la récente sortie du pack Bears SB Dunk Grateful Dead, la gamme de SB Dunk Low atteint des records en matière de revente : elle se négocie désormais, en moyenne, à plus de 800 dollars, soit un prix moyen supérieur à celui des baskets des plus grandes marques de luxe, comme Versace, Balenciaga et Prada. Parmi les sorties de 2020, seules 16 baskets ont eu une valeur de revente moyenne d’au moins 1000 euros sur StockX, et sept de ces 16 baskets sont des SB Dunk Lows » détaille Derek Morison, président Europe de StockX.

Au début de l’année, la Nike Dunk SB Low Paris s’est vendue 51 950 dollars, établissant le record de la basket la plus chère de tous les temps sur StockX et dépassant la Nike Mag Back to the Future qui occupait la première place depuis 2016.

La flambée des prix du SB Dunk a été alimentée, en partie, par des influenceurs comme Travis Scott et Kylie Jenner. Il a suffi que Travis Scott porte un modèle pour en faire augmenter immédiatement le prix de 40 % sur la plateforme.

« Comme pour l’effet Travis, nous avons également observé un effet Kylie pour les SB Dunks. Lorsque Kylie Jenner porte des Dunks, les prix ont tendance à augmenter de 30 à 50 % en moyenne. La combinaison entre éditions limitées très attendues comme les « Bears » Grateful Dead et l’influence de Travis et de Kylie ont transformé le SB Dunk Low en une marque qui se compare à certains des noms les plus connus du luxe », conclut Derek Morison, Président Europe StockX.

De quoi continuer à attirer les ados qui s’adonnent à la spéculation de Sneakers avec ferveur.