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Pourquoi les Français boudent l’assurance-vie pour le Livret A

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Alors que le Livret A signe un sixième mois consécutif de hausse. L’assurance vie a connu, au mois de juin, selon la Fédération Française de l’Assurance, un quatrième mois consécutif de décollecte avec -700 millions d’euros.

Record battu pour le Livret A. Depuis le confinement, le Livret A a engrangé plus de 15 milliards d’euros. À l’exception de l’année 2012, marquée par le relèvement du plafond du Livret A et du LDDS, une telle collecte est historique. Elle est le produit d’une période atypique marquée par une sous-consommation sans précédent et par une forte anxiété. Au mois de juin, la collecte a été de 2,96 milliards d’euros. Pour le Livret de Développement Durable et Solidaire, elle s’est élevée à 0,73 milliard d’euros.

Depuis le début de l’année, la collecte a atteint 20,41 milliards d’euros pour le Livret A soit près de deux fois plus qu’en juin 2019 (11,57 milliards d’euros).

« En juin, les ménages n’ont donc pas puisé dans leurs livrets après le déconfinement. Au contraire, ils ont maintenu leur effort d’épargne. Ceci s’explique par un niveau de consommation demeurant inférieur à la normale. En juin, certaines activités faisaient encore l’objet de restrictions (cinéma, restaurants, activités sportives, etc.). Les menaces planant sur l’emploi, sur les entreprises et sur l’évolution des revenus incitent à l’essor de l’épargne de précaution. Les craintes d’une rentrée difficile en septembre ne favorisent pas un laisser-aller au niveau des dépenses » explique Phlippe Crevel, du Cercle des Épargnants.

L’encours du Livret A bat un nouveau record à 319 milliards d’euros. Il en est de même pour le LDDS à 118,1 milliards d’euros. Le faible de taux du Livret A comme du LDDS, 0,5 % depuis le 1er février, ne dissuade pas les épargnants qui privilégient sécurité et liquidité.

Dans le même temps, L’assurance vie a connu un premier semestre atypique. Depuis le début de la crise sanitaire au mois de mars, le premier placement des ménages aura enregistré une décollecte de 6,9 milliards d’euros. Son encours est désormais de 1 766 milliards d’euros.

Au mois de juin, selon la Fédération Française de l’Assurance, un quatrième mois consécutif de décollecte avec -700 millions d’euros.

L’assurance-vie n’avait plus connu quatre mois consécutifs de décollecte depuis 2012, en pleine crise des dettes souveraines.

« Cette décollecte n’est pas la traduction d’une défiance financière comme en 2012. Elle s’explique par la nécessité de certains assurés d’effectuer des rachats pour maintenir leur niveau de vie. Les professions libérales et les indépendants, traditionnellement bien couverts en contrats d’assurance vie, ont dû faire face durant le confinement à une baisse sensible de leurs revenus professionnels. En sortie de confinement, les ménages sont restés prudents tant sur le plan de leurs dépenses de consommation que sur celui de leurs placements. Ils ont privilégié la liquidité et la sécurité comme en témoigne le bon résultat du Livret A (+2,96 milliards d’euros de collecte en juin). Le dégonflement de la poche d’épargne de précaution attendra. Celui-ci ne pourra intervenir qu’avec la levée de certaines hypothèques liées à la situation sanitaire et économique » conclut Philippe Crevel.

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