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Epargne : Les Français sont-ils vraiment si frileux ?

Les études sur l’épargne se multiplient pour montrer que les français sont les épargnants les plus frileux du monde. Infos ou intox ? Derrière ces études se cachent souvent des personnes qui ont intérêt à ce que les Français dépouillent leur Livret A au profit de placements plus rémunérateurs… dans tous les sens du terme.

La dernière étude sur l’épargne en date est la 4e édition de l’étude mondiale « Global investor pulse ». Elle montre que 82 % des Français conserveraient une part très importante de liquidités. Champions du monde de l’épargne, les Français continuent à mettre beaucoup d’argent de côté et à privilégier la « sécurité » des liquidités, dans un climat de pessimisme et de défiance généralisée vis-à-vis de l’économie et des institutions. Ainsi, seuls 35 % des Français se déclarent optimistes en matière d’épargne, loin derrière la moyenne européenne qui s’établit à 49 %. En un an, la confiance des hommes (-16 %) s’est dégradée deux fois plus que celle des femmes (-8 %), les classes d’âges les moins confiantes étant les 25-34 ans et les 45-64 ans.

Les Français conservent une part très importante de liquidités (pour 82 % d’entre eux) et privilégient l’assurance-vie en euros pour leurs placements (40 %). Selon l’enquête, l’allocation des actifs financiers détenus par les Français comprendrait 59 % de liquidités (y compris le Livret A), 18 % de contrats d’assurance-vie en euro, 9 % d’investissements immobilier, 9 % d’actions, de fonds communs de placement, multi-actifs et obligations et 5 % d’autres produits.

Les raisons de cette frilosité des français pour leur épargne ?

D’abord, un niveau de connaissances qui reste faible. « Malgré un taux d’épargne très élevé, les Français ont du mal à investir dans les produits financiers. Un constat qui s’explique par leur manque de culture financière. Un Français sur deux ne sait pas ce qu’est une sicav », déclare Ivana Davau, responsable de la distribution pour BlackRock en France.

D’ailleurs les jeunes qui sont plus informés sont moins frileux pour leur épargne  !

Une étude de la société de gestion d’actifs américaine Legg Mason montre que les Millennials (génération des 18-35 ans), seraient les plus enclins à prendre du risque dans leurs investissements. D’ailleurs, ils sont 48 % à déclarer être prêts à prendre plus de risque.

Ensuite, pour les Français, la sécurité prime sur le rendement

Selon l’AMF, « la première croyance est que les placements en actions constituent une épargne bloquée, réservée aux plus aisés qui disposent d’un capital élevé à investir, et aux initiés. Ensuite, vient l’idée que le bénéfice d’un investissement en actions, très lointain, est très aléatoire et conditionné à d’importants sacrifices (en termes de pouvoir d’achat et de temps passé) ».

Mais attention aux idées reçues !

D’abord, les français n’épargnent pas plus que les allemands, les suisses, les luxembourgeois ou les suédois. D’après, l’Observatoire Européen de l’Epargne : les Français mettent de côté 14,1% de ce qu’ils gagnent. C’est beaucoup, mais moins que les 17,2% qu’on économise Outre-Rhin.

Les Français sont plus souvent propriétaires, donc ils investissent dans leur logement, ce qui gonfle les chiffres. Mais ce qu’ils placent dans les livrets, les actions, l’assurance-vie, donc l’épargne financière, est plutôt dans la moyenne : ils y consacrent 8,5% de leurs revenus. Les Allemands sont au-dessus de 10%.

Ils ne sont pas plus frileux non plus…

Les Allemands financent très peu l’entreprise en direct, et possèdent même deux fois moins d’actions que les Français, notamment dans les PME (un Allemand détient en moyenne, directement, 3.643 euros d’actions cotées et 3.659 euros d’actions non cotées, contre respectivement 3.550 euros et 12.270 euros pour un Français.)

En réalité ce sont les fonds de pension qui font basculer le rapport : ils sont très faibles en France, parce que les Français ont moins à se préoccuper de leur retraite.

Quand aux liquidités non placées…

1.400 milliards d’euros dorment ainsi sur les comptes des Allemands, 850 milliards sur ceux des Britanniques… Contre seulement 450 milliards en France.

 

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