Impôts 2026 : ISF, retraites, exit tax… les trois mesures que vous ne paierez pas

On commente toujours ce qui change. Mais, en fiscalité, ce qui compte parfois le plus, c’est ce qui a été évité. Et sur ce point, la loi de finances 2026 réserve une surprise : plusieurs pistes très coûteuses politiquement, et potentiellement très douloureuses pour les ménages, ont été “sorties” du texte final, au terme d’un parcours budgétaire sous tension et d’arbitrages tranchés dans la version adoptée.

Le résultat est simple : trois mesures redoutées, abondamment débattues ces derniers mois, ne verront finalement pas le jour en 2026. De quoi donner un peu de visibilité aux contribuables, dans un contexte où l’exécutif cherche toujours des milliards sans rallumer l’incendie politique.

Un ISF version 2026 ? Pas cette fois

C’était l’épouvantail numéro 1 des détenteurs d’épargne financière. À l’automne, les propositions se sont multipliées : transformer l’IFI en impôt sur la “fortune improductive”, créer une contribution sur les plus hauts patrimoines, ou relancer une taxation spécifique des ultra-riches… Bref, remettre dans l’assiette autre chose que la pierre.

Au final, ces scénarios ont été écartés. L’IFI reste cantonné à l’immobilier : vous n’y entrez que si votre patrimoine immobilier net taxable dépasse 1,3 million d’euros. Conséquence pratique : en 2026, vos actions, votre assurance-vie et vos placements financiers ne basculent pas dans un impôt patrimonial “à l’ancienne”. La frontière IFI/actifs financiers, très contestée, est donc maintenue… pour l’instant.

Retraités : l’abattement de 10 % sauvé, et revalorisé

Deuxième dossier explosif, car il touche des millions de foyers : l’abattement automatique de 10 % sur les pensions (avant calcul de l’impôt sur le revenu). Bercy avait envisagé de le remplacer par un forfait identique pour tous, et plusieurs variantes de plafonnement ont ensuite circulé pendant les discussions budgétaires.

Finalement, la réforme a été remisée : l’abattement de 10 % est maintenu. Et comme chaque année, ses bornes évoluent légèrement avec l’indexation. Résultat, l’abattement reste proportionnel (10 %), avec un plancher et un plafond revalorisés.

Un exemple pour se repérer : avec 25 000 euros de pension annuelle, l’abattement demeure de 2 500 euros. Autrement dit, sur ce point précis, pas de mauvaise surprise : la mécanique fiscale ne change pas.

Exit tax : pas de durcissement “version longue”

Troisième sujet sensible : l’exit tax, ce mécanisme qui peut imposer des plus-values latentes sur des titres lorsque vous transférez votre domicile fiscal hors de France. Là aussi, la tentation du durcissement était nette : des amendements proposaient d’allonger fortement la durée avant dégrèvement, et de restreindre certains cas de sursis de paiement.

Ces pistes n’ont pas été retenues. On reste donc sur le cadre actuel : l’impôt peut être dégrevé au bout de 2 ans dans les situations standard, et au bout de 5 ans au-delà d’un certain seuil de valorisation des titres. Pour les entrepreneurs en réflexion (cession, transmission, expatriation), ce statu quo évite un changement de règles en cours de route.

À retenir : un répit, pas une garantie

Ces trois sujets ne sont pas “morts”, ils sont repoussés. Dans un contexte de déficit sous surveillance, ils peuvent revenir via un collectif budgétaire ou un prochain budget, au gré d’une majorité différente.

Mais pour 2026, le signal est clair : sur l’ISF/IFI, l’abattement retraite et l’exit tax, le texte final a choisi le statu quo. Et, en fiscalité, le statu quo, c’est parfois la meilleure des nouvelles.

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