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A peine déconfinés, les Français reprennent leurs recherches immobilières

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En avril dernier, alors que les transactions étaient suspendues en raison du confinement, une partie des Français avaient mis à profit ce temps disponible pour poursuivre leurs réflexions concernant leurs projets immobiliers, en particulier les ménages souhaitant acheter un bien.

Un mois après le début du déconfinement et l’amorce d’une reprise du secteur immobilier, les futurs acquéreurs ont intensifié leurs recherches via Internet.

  • 13% des Français ont cherché sur le web un bien immobilier à acheter en résidence principale (+5 points).
  • 11% des interviewés se sont renseignés en ligne sur leur capacité d’emprunt (+4 points).
  • 15% ont effectué des démarches pour baisser les mensualités de leurs crédits (+7 points). Il est à noter que 22% sont situés dans l’agglomération parisienne (+11 points).
  • 13% se sont renseignés sur les démarches pour renégocier leur assurance emprunteur et suspendre leurs mensualités (respectivement +10 points et +7 points). Il est à noter que 24% pour l’assurance emprunteur et 20% pour la suspension des mensualités sont situés dans l’agglomération parisienne (respectivement +21 points pour l’assurance et +14 points vs pendant le confinement).

Pour mener à bien leur projet immobilier, 8% disent avoir pris des informations pour faire appel à un courtier en crédit immobilier et assurance emprunteur (+3 points). Ce comportement est particulièrement notable chez les moins de 35 ans (17%) et les locataires d’un logement (10% + 5 points vs Vague 1).

Du côté des vendeurs et des investisseurs, 10% des propriétaires ont recherché des informations sur la vente éventuelle de leur logement (+5 points) ou se sont renseignés sur le web pour mettre un bien immobilier en location (+4 points).

L’étude révèle que ces recherches en ligne autour des projets immobiliers, qu’il s’agisse d’achat mais aussi de revente, concernent avant tout les personnes de moins de 35 ans. En effet, 23% d’entre elles ont fait des recherches pour un bien immobilier à acheter en résidence principale (+10 points vs l’ensemble des Français) et 22% se sont renseignés sur leur capacité d’emprunt (+11 points vs la moyenne).

Par ailleurs, les jeunes propriétaires sont également plus nombreux à réfléchir à la revente de leur logement (32% contre 10% par rapport à la moyenne des propriétaires), signe que la crise actuelle a ouvert la possibilité d’un changement de vie pour nombre d’entre eux.

Enfin, le confinement aura également favorisé la réflexion concernant l’achat d’une résidence secondaire.

  • 16% des moins de 35 ans se sont renseignés en ligne à ce sujet, un taux deux fois supérieurs à la moyenne des Français.

Un attrait renforcé pour les biens immobiliers avec un extérieur. 14% des Français ont réfléchi à acheter un logement avec jardin depuis le 11 mai 2020, début du déconfinement (+3 points vs Vague 1) et 11% à un logement avec terrasse (+3 points).

Le déconfinement et la reprise progressive des habitudes de vie n’ont pour l’instant pas fait varier l’attrait de certains acquéreurs pour un changement plus radical.

  • La part des Français envisageant d’acheter un logement dans une autre ville a progressé de 3 points à 10% depuis le mois d’avril.
  • La part de ceux réfléchissant à acheter en zone rurale a progressé de 3 points à 10%.
  • Le littoral suscite la réflexion de 8% des Français, qui se verraient bien acheter un logement en bord de mer, tandis que 4% s’imaginent volontiers propriétaires d’un bien à la montagne.

Les jeunes, âgés de 25-34 ans, sont les plus désireux d’accéder à la propriété d’un logement avec un espace extérieur : 29% (+5 points) ont pensé à l’achat d’un logement avec jardin, 23% (+6 points) à l’achat d’un logement avec terrasse.

  • Leurs cadets, âgés de 18 à 24 ans, sont les plus intéressés par un changement d’horizon : ils souhaitent un logement dans une autre ville (23%), en zone rurale (21%). 18% d’entre eux s’imaginent dans un logement en bord de mer contre 13% à la montagne.
  • Le déconfinement amorcé, les jeunes âgés de 18 à 24 ans, les locataires et les Franciliens sont plus nombreux que la moyenne (9%) à réfléchir à l’achat d’un logement plus grand (respectivement 20%, 13% et 12%).

 

Si une majorité des futurs acquéreurs ont pu maintenir leur projet immobilier, certains se trouvent dans l’obligation de le reporter, voire de l’annuler.

Une majorité des futurs acquéreurs déclarent que leur projet d’achat était en cours pendant le confinement et qu’ils ont pu le maintenir (41%), particulièrement les acquéreurs âgés de 50 ans et plus (49%). A noter que les seniors sont également les plus nombreux à envisager « un nouveau projet immobilier » depuis le déconfinement (37% contre 23% en moyenne).

  • Si un tiers des futurs jeunes acquéreurs a également pu maintenir son projet immobilier (34%), un autre tiers a dû le reporter (31%), les jeunes de moins de 35 ans étant ainsi davantage concernés par la nécessité d’un report que leurs aînés âgés de 35-49 ans (19%) et les seniors (12%).
  • Même phénomène concernant l’annulation pure et simple d’un projet immobilier : 22% des jeunes de moins de 35 ans ont dû s’y résoudre, contre 13% en moyenne de l’ensemble des futurs acquéreurs

La première raison est directement liée à la crise et à la perte de revenus qu’elle a entraînée pour 34% des futurs acquéreurs ou par l’anticipation d’une baisse de leurs revenus dans les mois à venir pour 20% des personnes concernées.

D’autres acquéreurs préfèrent adopter une position attentiste afin de réamorcer leur projet en fonction de l’évolution des prix de l’immobilier (26%).

21% disent avoir été ralentis par l’impossibilité de visiter des biens pendant le confinement.

 

Parallèlement aux difficultés rencontrées par les ménages souhaitant accéder à la propriété, l’inquiétude a sensiblement augmenté chez les détenteurs de crédit immobilier

  • 15% se sont renseignés sur les démarches pour baisser les mensualités de leur crédit (+7 points).
  • 13% sont mêmes allés jusqu’à se renseigner sur la façon de suspendre leurs mensualités (+3 points) tandis que 13% ont cherché comment renégocier leur assurance emprunteur (+5 points).

 

La confiance dans le marché immobilier reste fragile mais se stabilise

En avril, la Vague 1 mesurait un pessimisme généralisé concernant les conséquences de la crise sur les projets immobiliers. Cette vision négative du futur du marché de l’immobilier reste stable. 81% des Français estiment que les banques vont devenir plus exigeantes pour accorder des crédits (30% « tout à fait d’accord », stable), 75% anticipent une hausse des taux (20% « tout à fait d’accord ») et 74% des délais d’obtention de crédits allongés (-3 points).

Contrairement à la vague précédente, ce sont maintenant les catégories socio-professionnelles les plus aisées (84%) qui redoutent le plus une hausse des exigences des banques pour accorder des crédits (contre 78% pour les catégories socioprofessionnelles plus modestes).

De plus, la crainte que les prix de l’immobilier restent élevés se développe : seulement un Français sur trois croit en la baisse des prix. Qu’il s’agisse des petites et moyennes villes (38%) ou des grandes métropoles (Lyon, Bordeaux…) (37%) mais surtout de l’agglomération parisienne (34%, -6 points).

  • S’ils sont assez d’accords avec les plus âgés sur les problématiques d’accès au crédit, les jeunes, âgés de moins de 35 ans semblent beaucoup plus optimistes que leurs aînés quant à l’avenir du marché immobilier : 41% d’entre eux estiment que les prix de l’immobilier dans la capitale vont baisser contre seulement 32% des personnes âgées de 35 ans et plus.
  • C’est encore plus marqué dans les grandes métropoles comme Lyon ou Bordeaux : près d’un jeune de moins de 35 ans sur deux (47%) anticipe une baisse des prix dans ces villes contre 33% des plus âgés.
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Jean-Jacques Manceau

Jean-Jacques Manceau est diplômé d’un DEA d’Etudes politiques de Lille 2. Il commence sa carrière de journaliste à la Voix-du-Nord et à l’Etudiant avant de se spécialiser dans l’économie et la finance. D’abord au Revenu puis à Capital. Il devient rédacteur en chef à l’Expansion en 2002. Spécialiste en stratégie d'entreprise, il écrit en 2010 un ouvrage sur « Le Club Med, réinventer la machine à rêve ». En 2012, il s’oriente dans la communication en devenant Directeur de la communication externe d'une multinationale du sport. Il est aujourd'hui auteur et éditorialiste.

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