Les fantasmes sur l’euro ou les ravages de l’ego-marketing !

Comment les réseaux sociaux entretiennent les fantasmes sur les hausses de prix dues à l’euro.

Il faut dire que la machine à fantasmes est alimentée en permanence par les souverainistes et les tenants d’un protectionnisme radical sur internet qui entretiennent les fantasmes sur les réseaux sociaux.

Pour les 15 ans de l’euro, l’Insee a décidé de marquer le coup avec un rapport sur le sujet. Conclusion : la France a connu une inflation modérée depuis le passage à l’euro. De 2002 à 2016, les prix à la consommation ont augmenté de 1,4 % en moyenne par an. Cette inflation est inférieure à celle des quinze années précédentes (+ 2,1 % en moyenne entre 1986 et 2001).

Pas sûr que cela suffise à clore le sujet. Car dès 2002, le « ressenti » de l’inflation par les ménages a divergé de la mesure qu’en donne l’indice des prix à la consommation. De plus, pour entretenir les fantasmes, les partisans du retour au franc utilisent, sur les réseaux sociaux, des méthodes d’intoxication redoutables !

Les ravages de l’égo-marketing !

L’Insee se réfère à un panier de consommation moyen, alors que les consommateurs ne retiennent souvent que les prix des produits qu’ils achètent tous les jours. Ou ceux dont ils se rappellent plus facilement le dernier prix valorisé en francs, une référence qui s’éloigne dans le temps au fil des ans. « Il est par exemple plus particulièrement sensible aux hausses du prix du pain qu’aux baisses des appareils électroménagers », indique l’Institut. Ce sont les ravages classiques de « l’égo-marketing » qui devient la norme sur les réseaux sociaux. Cela consiste à théoriser sur la base d’une expérience ou d’un ressenti personnel. A mettre au même niveau l’avis de sa concierge et une étude scientifique. Ou encore à crier à la manipulation dès qu’une étude ne va pas dans le bon sens.

Ne retenir que les hausses et pas les baisses. 

A l’instar du sport où seul “la victoire est belle”, les ménages comme les investisseurs survalorisent les hausses et sous-estiment les baisses. Ils accordent plus d’importance aux prix en hausse qu’aux prix en baisse ou stables car ce sont les premiers qui peuvent constituer une menace pour l’équilibre de leur budget.

Contester la composition du panier moyen.

L’euro a t’il été plus douloureux pour les ouvriers que pour les cadres ? Pas vraiment. L’évolution des prix calculée avec des paniers différents de consommation (ceux d’un ouvrier ou employé urbain, par exemple) diffère peu de l’inflation moyenne au cours des quinze dernières années.

Comparer les prix en francs sans tenir compte de l’inflation. 

C’est un classique. On voit très souvent apparaître sur les réseaux sociaux des tableaux de conversion des prix actuels convertis en francs et comparés à ceux de 2002. Et ce sans tenir compte de l’inflation, ni sourcer l’origine des prix, en comparant des prix en épicerie fine et ceux en grande surface, par exemple. Ainsi « pour la baguette, les consommateurs auraient tendance à comparer son prix actuel – 0,87 € en moyenne – à son dernier prix de 2001, d’en moyenne un peu plus de 4,30 francs » soit 0,66 €. Mais en fait, depuis quinze ans, la baguette n’a pris que 1,9 % par an. Ce qui est, explique l’Insee, « sans rupture par rapport à la décennie précédant le passage à l’euro ».

Cette divergence entre mesure et perception ne s’est jamais totalement résorbée.

  1. A reblogué ceci sur RAGS AND RUNet a ajouté:

    super article

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