Crowdfunding et énergies renouvelables : 7,7 % de rendement et zéro défaut en 2025

358 millions d’euros levés, 407 projets financés, un rendement brut de 7,7 % et aucune perte enregistrée : le financement participatif dans les renouvelables fait figure de bon élève. On regarde les chiffres de plus près.

Un marché en rebond tiré par le solaire

Le crowdfunding français a connu des années difficiles, plombé par la crise immobilière. Mais en 2025, le marché a retrouvé le chemin de la croissance : 1 763 millions d’euros collectés toutes plateformes confondues, en hausse de 1,8 % après deux ans de recul. C’est modeste, mais c’est un tournant. Ces chiffres sont issus du baromètre annuel publié par Forvis Mazars et FranceFinTech.

Dans ce paysage en convalescence, un segment tire son épingle du jeu : les énergies renouvelables. Avec 358 millions d’euros levés en 2025, le créneau progresse régulièrement et contribue directement à la reprise du marché global. Mais c’est surtout le nombre de projets qui impressionne : 407 en 2025, en hausse de 24 % sur un an.

Le solaire domine largement : 70 % des montants levés dans les renouvelables. L’éolien pèse 8 %, la méthanisation 5 %, le reste se répartit entre hydroélectricité et autres filières. Cette prédominance reflète la maturité du photovoltaïque et l’appétit des investisseurs particuliers pour des projets concrets et lisibles.

Un couple rendement-risque qui donne envie

Ce qui rend ce segment particulièrement attractif, c’est son profil rendement-risque. Le rendement brut moyen a atteint 7,7 % en 2025, en légère hausse par rapport aux 7,5 % de 2024. Dans un contexte où les placements sans risque rapportent de moins en moins, ce niveau de rémunération attire l’attention.

Et côté risque ? Aucune perte définitive enregistrée sur le segment des renouvelables en 2025. Les retards de moins de six mois concernent moins de 2 % des projets. Lendosphere et Lendopolis, les deux plateformes du groupe Lendocompany, qui représentent 43 % du marché, affichent même un taux de défaut nul sur des durées de trois à cinq ans. Quand on compare avec le crowdfunding immobilier et ses défauts en cascade, le contraste est saisissant.

Le marché se structure aussi. Le top 5 des plateformes concentre 45 % de la collecte. Un quart se développent à l’international. Et la publication de la Programmation pluriannuelle de l’énergie apporte une meilleure visibilité à la filière.

Comme le souligne Laure Verhaeghe, présidente de Lendocompany, la sélection des projets devra rester exigeante pour maintenir la confiance des investisseurs. Car c’est cette confiance, bâtie année après année sur des résultats concrets, qui est le vrai carburant de ce marché. Et pour l’instant, le moteur tourne bien.

Laisser un commentaire