Le marché de l’art rebondit à 59,6 milliards $ en 2025 : ce que révèle le rapport Art Basel & UBS 2026

Après deux années de contraction, le marché mondial de l’art renoue avec la croissance. Enchères en forte hausse, France en pleine ascension, ventes en ligne en recul : décryptage complet des chiffres et tendances clés du dixième rapport Art Basel & UBS.

 17 mars 2026  |  Temps de lecture : 9 min

59,6 Md$ Ventes mondiales 2025+4 % Croissance annuelle+9 % Enchères publiques41,5 M Transactions réalisées

Le marché mondial de l’art a retrouvé le chemin de la croissance en 2025. Selon le dixième rapport Art Basel & UBS, publié le 17 mars 2026 et rédigé par la Dr. Clare McAndrew d’Arts Economics, les ventes globales ont progressé de 4 % pour atteindre 59,6 milliards de dollars. Un redressement bienvenu après deux exercices consécutifs de baisse — mais un niveau qui reste inférieur de 9 % au pic de 2022 et de 7 % à celui de 2015. Le signal est clair : la reprise est réelle, mais elle est loin d’être uniforme.

Une reprise tirée par le haut de gamme

La dynamique de 2025 s’explique en grande partie par le retour de la confiance dans le segment le plus élevé du marché. Le secteur des enchères publiques a enregistré une hausse de 9 %, atteignant 20,7 milliards de dollars. Le secteur des marchands a progressé plus modestement, de 2 %, à 34,8 milliards de dollars. À l’inverse, les ventes privées organisées par les maisons de ventes ont reculé de 4 à 5 %, s’établissant juste sous 4,2 milliards de dollars. Le volume total des transactions a atteint 41,5 millions, en hausse de 2 %.

Ce retour à la croissance s’inscrit toutefois dans un contexte géopolitique instable. L’incertitude liée aux tarifs douaniers américains, la fragmentation des échanges commerciaux et les tensions protectionnistes continuent de peser sur les opérateurs du marché. Clare McAndrew souligne que si le commerce transfrontalier de l’art est resté globalement stable en 2025, l’avenir de ces flux sera déterminant pour la trajectoire du marché.

Chiffre clé : Les ventes d’œuvres dépassant 10 millions de dollars aux enchères ont bondi de 30 %, avec une hausse de 9 % du nombre de lots vendus. New York a concentré les 10 lots les plus chers de l’année et 39 des 50 premiers.

Enchères : le grand retour du segment premium

Le marché des enchères a constitué le principal moteur de la reprise en 2025. Les ventes publiques et privées combinées des maisons de ventes ont atteint 24,8 milliards de dollars, en hausse de 6 % sur un an. Cette progression est essentiellement portée par les enchères publiques (+9 %), tirées vers le haut par les ventes ultra haut de gamme du second semestre. Les dispersions de collections prestigieuses — notamment celles de Leonard A. Lauder et des Pritzker — ont généré des résultats exceptionnels en novembre.

Les lots dépassant le million de dollars ont vu leur valeur cumulée progresser de 21 %, avec une hausse de 15 % du nombre de transactions. Le segment supérieur à 10 millions de dollars a affiché une croissance de 30 % en valeur. New York a dominé sans partage : les dix œuvres les plus chères de 2025 y ont toutes été adjugées.

Galeries et marchands : croissance modeste, marges sous tension

Le secteur des marchands a retrouvé la croissance, avec des ventes en hausse de 2 % à 34,8 milliards de dollars. Environ 42 % des marchands ont signalé une augmentation de leur chiffre d’affaires, en progression de 7 points par rapport à 2024. Près de la moitié des acheteurs identifiés par les galeries étaient de nouveaux clients, signe d’un renouvellement actif de la base collectionneurs.

Cependant, la rentabilité reste sous pression. Les coûts d’exploitation ont augmenté de 5 % en moyenne, un rythme supérieur à celui de la croissance des ventes. Les marchands réalisant moins de 500 000 dollars de chiffre d’affaires ont enregistré les plus fortes progressions, tandis que le segment intermédiaire (1 à 10 millions de dollars) a accusé un léger recul. Les grands marchands dépassant les 10 millions de dollars ont renoué avec la croissance.

Résilience du secteur : Malgré des fermetures très médiatisées, les ouvertures de galeries n’ont pas été dépassées par les fermetures en 2025. Les lancements représentent 42 % de l’activité, contre 25 % pour les fermetures.

On observe par ailleurs une diversification des supports. Si la peinture reste dominante avec 59 % des ventes en galerie, la photographie a doublé sa part (de 3 à 6 %), les estampes et multiples ont atteint 12 %, et les œuvres numériques, films et vidéos sont passées de 1 à 3 % des inventaires des marchands.

Géographie du marché : les États-Unis dominent, la France s’impose

Les trois premiers marchés — États-Unis, Royaume-Uni et Chine — ont concentré 76 % des ventes mondiales en valeur, une proportion identique à 2024. Les États-Unis restent largement en tête avec 44 % de parts de marché et 26 milliards de dollars de ventes (+5 %). Le Royaume-Uni suit à 18 % avec 10,5 milliards (+2 %), puis la Chine à 14 % avec 8,5 milliards (+1 %), dans un contexte de stabilisation après les difficultés immobilières.

MarchéVentes 2025ÉvolutionPart mondiale
États-Unis26 Md$+5 %44 %
Royaume-Uni10,5 Md$+2 %18 %
Chine8,5 Md$+1 %14 %
France4,5 Md$+9 %8 %

La France constitue l’une des belles histoires de 2025. Avec 4,5 milliards de dollars de ventes et une croissance de 9 %, elle gagne un point de part de marché pour atteindre 8 %, confirmant sa place de quatrième marché mondial et de premier marché au sein de l’Union européenne. Cette performance dépasse le niveau pré-pandémique de 2019, portée par des résultats solides dans les secteurs des enchères et des galeries.

En Europe, la dynamique est contrastée. La Suisse et l’Autriche affichent chacune +13 %, l’Espagne +6 %. En revanche, l’Allemagne recule de 10 %, l’Italie de 2 %. En Asie, la Corée du Sud progresse de 6 %, tandis que le Japon enregistre un léger repli de 1 %.

Foires d’art : un rôle renforcé dans l’écosystème

Les ventes réalisées lors de foires d’art ont progressé pour représenter 35 % du chiffre d’affaires des marchands, en hausse de 4 points, atteignant leur plus haut niveau depuis 2022. Les foires organisées à l’étranger concentrent la majorité des ventes, mais la croissance a concerné aussi bien les événements internationaux que locaux. Les marchands de taille moyenne ont affiché les plus fortes progressions dans ce canal.

Cette tendance confirme le rôle structurant des foires physiques dans le parcours d’achat, à un moment où les transactions de grande valeur se redirigent massivement vers les canaux en personne. La foire reste le lieu par excellence de la découverte, de la transaction et du renforcement des relations entre galeries et collectionneurs.

Ventes en ligne : le reflux post-pandémique se confirme

Les ventes d’art en ligne ont reculé à 9,2 milliards de dollars, en baisse de 11 %, leur plus bas niveau depuis 2019. Les ventes exclusivement numériques ne représentent plus que 15 % de la valeur totale du marché, contre 25 % au sommet de 2020. Le phénomène ne signale pas une disparition du digital, mais une reconfiguration : plus de 56 % de la valeur des enchères physiques provient d’œuvres dépassant le million de dollars, alors que ces lots ne représentent que 2 % de la valeur des enchères en ligne. Le numérique reste un canal essentiel pour l’entrée de gamme et l’acquisition de nouveaux collectionneurs.

« Le marché a accueilli en 2025 un changement de direction, passant de la contraction à une croissance modeste. Cependant, l’incertitude politique et la fragmentation commerciale ont créé des défis pour les entreprises. »

— Dr. Clare McAndrew, fondatrice d’Arts Economics

Représentation des femmes artistes : des progrès tangibles

La parité progresse dans le monde de l’art. En 2025, les artistes femmes représentent 50 % des artistes présentés dans les galeries du marché primaire et 45 % chez l’ensemble des marchands. En termes de valeur, leurs œuvres pèsent désormais 37 % des ventes, contre 28 % en 2018. Ces avancées restent toutefois inégales : les disparités persistent aux niveaux de revenus les plus élevés, où les artistes masculins continuent de dominer.

Perspectives 2026 : un optimisme mesuré

La confiance s’est renforcée à l’approche de 2026. Parmi les marchands interrogés, 43 % anticipent une hausse de leurs ventes, en progression de 10 points par rapport à l’enquête précédente. 38 % s’attendent à des niveaux stables. Du côté des maisons de ventes intermédiaires, 48 % prévoient une amélioration de leur performance.

Cet optimisme reste toutefois asymétrique. La confiance a progressé surtout aux deux extrémités du marché — chez les très grands acteurs et les plus petits. Le segment intermédiaire (500 000 à 1 million de dollars de chiffre d’affaires) est le plus fragilisé, avec le plus fort taux de marchands anticipant une baisse. Le marché dessine de plus en plus une structure en haltère : force aux extrémités, pression au centre.

Un facteur structurel de long terme mérite également l’attention : la Grande Transmission de Patrimoine. Plus de 83 000 milliards de dollars doivent passer d’une génération à l’autre dans les décennies à venir. Ce transfert massif de richesse vers les femmes et les jeunes collectionneurs transforme progressivement les motivations d’achat, les dynamiques familiales et les priorités philanthropiques — redéfinissant en profondeur l’engagement à long terme dans le marché de l’art.

FAQ — Les questions clés sur le marché de l’art 2025

QUEL EST LE MONTANT TOTAL DES VENTES D’ART DANS LE MONDE EN 2025 ?

Les ventes mondiales d’art ont atteint 59,6 milliards de dollars en 2025, en hausse de 4 % par rapport à 2024, selon le rapport Art Basel & UBS 2026. Ce chiffre marque un retour à la croissance après deux années de baisse.

QUELS SONT LES PRINCIPAUX MARCHÉS DE L’ART EN 2025 ?

Les États-Unis dominent avec 44 % des ventes mondiales (26 milliards $), suivis du Royaume-Uni (18 %, 10,5 milliards $), de la Chine (14 %, 8,5 milliards $) et de la France (8 %, 4,5 milliards $). Ces quatre marchés représentent à eux seuls 84 % des ventes globales.

COMMENT SE PORTE LE MARCHÉ DE L’ART EN FRANCE EN 2025 ?

La France a enregistré 4,5 milliards de dollars de ventes, en hausse de 9 %. Elle gagne un point de part de marché mondial pour atteindre 8 %, se positionnant comme quatrième marché mondial et premier de l’Union européenne, dépassant ses niveaux de 2019.

LES VENTES D’ART EN LIGNE PROGRESSENT-ELLES ENCORE ?

Non, les ventes d’art en ligne ont reculé de 11 % à 9,2 milliards de dollars, leur plus bas niveau depuis 2019. Les transactions de grande valeur se sont redirigées vers les canaux physiques. Le numérique reste cependant un canal clé pour l’entrée de gamme et l’acquisition de nouveaux collectionneurs.

QUELLE EST LA PLACE DES ARTISTES FEMMES SUR LE MARCHÉ DE L’ART ?

Les artistes femmes représentent 50 % des artistes dans les galeries du marché primaire et 45 % chez l’ensemble des marchands. Leurs œuvres comptent pour 37 % des ventes en valeur (contre 28 % en 2018), mais des écarts persistent aux plus hauts niveaux de revenus.

QUELLES SONT LES PERSPECTIVES DU MARCHÉ DE L’ART POUR 2026 ?

L’optimisme progresse : 43 % des marchands prévoient une hausse de leurs ventes en 2026, et 38 % anticipent des niveaux stables. Les incertitudes géopolitiques et les tensions commerciales restent néanmoins des facteurs de risque majeurs.

Source : The Art Basel and UBS Global Art Market Report 2026, rédigé par la Dr. Clare McAndrew, fondatrice d’Arts Economics. Co-publié par Art Basel et UBS. Rapport complet disponible sur ubs.com/art-market-research.

Mis à jour en mai 2026.

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