Pourquoi l’immobilier de montagne sort gagnant de la crise sanitaire

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La montagne française a tiré profit de son statut de destination de proximité, de son accessibilité par la route dans un contexte d’anxiété lié aux transports collectifs et de l’envie de nature. Le marché immobilier de montagne est-il le grand gagnant de la crise ?

Selon le bilan réalisé par le réseau d’agences immobilières Cimalpes, malgré de nombreux reports de signature liés au confinement, aucune annulation de transaction n’a été constatée à cause du Covid-19.

Au contraire, de nouveaux acheteurs se sont déclarés durant tout l’été, en manifestant l’envie de combiner un achat plaisir et un investissement jugé plus sûr que d’autres types de placements. Comme pour la location, le marché de la transaction profite également de la bonne image de la montagne, dont les points forts – accessibilité, grands espaces, qualité de vie – sortent renforcés de la crise. En termes de prix, on a pu observer quelques tentatives de négociation agressives mais la résilience du marché a très vite raisonné vendeurs et acheteurs.

Le last minute a fait la différence

« Comme toutes les périodes de crise, la crise du Covid-19 a accéléré certaines évolutions. C’est vrai au niveau individuel avec des acheteurs qui ont pu, pendant la période de confinement, mûrir l’idée d’un investissement immobilier dans les Alpes françaises. C’est, semble-t-il, vrai au niveau des comportements collectifs pour ce qui est du marché de la location avec la montée en puissance de la tendance du last minute et de l’aspiration à plus de flexibilité, notamment sur les conditions d’annulation. Et c’est vrai aussi pour le marché de la transaction, qui profite du caractère de valeur refuge de l’immobilier, de conditions avantageuses pour acheter dans le neuf (récupération de la TVA et réduction des frais de notaire) ainsi que d’un déplacement qui devient structurel de la clientèle de l’hôtel ou des résidences de tourisme vers l’offre en chalet ou appartement », commente Benjamin Berger, directeur général de Cimalpes.

À quelques mois de l’hiver, la question de la fréquentation dans les stations reste incertaine. Les réservations sont en retard. À l’ordinaire, les chalets de prestige se louent entre mai et août en vue des périodes de Noël et de Nouvel An.

Un hiver incertain à la montagne

Cette année, ce n’est pas le cas. On s’attend donc à une recrudescence des réservations en last minute, surtout que l’idée des vacances à la montagne séduit toujours autant selon les chiffres de trafic du site de Cimalpes qui indiquent une nette hausse des marques d’intérêt avec 23 % de sessions en plus sur la période mai-août 2020 par rapport à 2019.

Ces mêmes données montrent aussi que le marché se relocalise : les Français et leurs voisins seront proportionnellement plus nombreux tandis que la part des Britanniques et des Américains devrait baisser, ce que confirment les premières réservations pour les vacances de Noël et de février. Beaucoup d’incertitudes demeurent également concernant les visiteurs russes, chinoises ou issus du Golfe Persique qui constituent une part conséquente de la clientèle à fort pouvoir d’achat. Pour ce qui est de la transaction, la dynamique ne semble pas ralentir avec des acheteurs toujours dans les starting-blocks et une demande qui reste soutenue grâce aux Français mais aussi aux Suisses, Néerlandais, Belges et Allemands.