Retraite des femmes : pourquoi elles toucheront moins que les hommes (et comment réagir)

83 % des Françaises pensent que leur pension sera inférieure à celle des hommes. Spoiler : elles ont raison. Mais plutôt que de subir, elles sont de plus en plus nombreuses à prendre les devants. On fait le point.

Un système qui désavantage structurellement les femmes

Le sujet n’est pas nouveau, mais les chiffres continuent de frapper. Selon une étude OpinionWay réalisée pour Finary en mars 2026, 83 % des Françaises interrogées anticipent une retraite inférieure ou égale à celle des hommes. Et ce n’est pas de la parano : la DREES, le service statistique du ministère de la Santé, a établi en juillet 2025 que les femmes percevaient en moyenne une pension de droit direct inférieure de 38 % à celle des hommes.

Résultat : 84 % des femmes se disent inquiètes pour leur retraite (contre 74 % des hommes), elles sont deux fois plus nombreuses qu’eux à douter de pouvoir un jour partir avec une pension décente, et 81 % craignent de manquer d’argent une fois à la retraite.

Le sentiment dominant, c’est celui d’un système cassé. 80 % des Françaises ont l’impression de cotiser pour un dispositif dont elles ne profiteront jamais. Et la confiance envers les politiques est au plus bas : 85 % les jugent incapables de réformer les retraites. On ne peut pas vraiment leur donner tort quand on regarde l’historique des promesses non tenues sur le sujet.

Ajoutez à cela un déficit d’information — 69 % des femmes s’estiment mal informées sur leur future pension — et vous obtenez un cocktail parfait pour l’anxiété financière.

Investir tôt : le nouveau réflexe des Françaises

Face à ce constat, quelque chose bouge. 90 % des femmes interrogées estiment qu’il faut investir le plus tôt possible pour préparer sa retraite, et la même proportion considère qu’il faut le faire par soi-même, sans attendre les dispositifs publics.

Ce réflexe d’anticipation s’inscrit dans un contexte plus large. Une étude complémentaire OpinionWay-Finary de février 2026 révèle que 48 % des Français pensent que les femmes restent financièrement dépendantes de leur conjoint dans les couples hétérosexuels. Comme le souligne Mounir Laggoune, cofondateur de Finary, on ne peut pas parler d’inégalités à la retraite sans parler d’autonomie financière pendant la vie active.

Le message à retenir ? Préparer sa retraite, ce n’est pas juste mettre de l’argent de côté. C’est un acte d’émancipation. Et pour les femmes, qui cumulent les handicaps structurels — carrières interrompues, temps partiels, salaires plus bas —, chaque année d’investissement compte. Ne pas agir, c’est accepter que son avenir financier dépende de quelqu’un d’autre. Et ça, en 2026, ce n’est plus acceptable.

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