[Epargne] Les drôles de stratégies de placement des Millennials

[Finance] Quels rapports les jeunes Français, les fameux millennials, entretiennent-ils avec l’épargne et les placements ? Quelles sont leurs valeurs sûres ? Surprise ! Ils veulent investir comme le célèbre milliardaire américain Warren Buffett. C’est-à-dire en « bon père de famille », sans prendre de risques ou alors en misant sur des entreprises qu’ils admirent et dont ils sont clients.

Les sociétés cotées en bourse « traditionnelles » ont du souci à se faire. Elles n’intéressent absolument plus les jeunes. C’est la conclusion d’un sondage réalisé à l’occasion du salon Actionnaria, commandé par Air Liquide, une des valeurs les plus « traditionnelles » du CAC 40 qui a fait le bonheur et la richesse des épargnants pendant de longues décennies.

Pourtant, les jeunes Français épargnent : 96 % des répondants âgés de 25 à 40 ans disent mettre de coté régulièrement une partie de leurs revenus et la majorité d’entre eux tous les mois (69 %).

Mais ils privilégient les produits sans risque et peu rémunérateurs. Ils placent leur argent en priorité dans des produits « classiques » d’épargne comme les livrets (livret A, livret jeune, LDD, livrets divers).

Constat identique dans le dernier baromètre du Perco (Plan d’Epargne pour la Retraite Collectif) publié par Natexis Interépargne. Les épargnants jeunes plébiscitent ce produit d’épargne salariale qui permet de préparer sa retraite. Mais ils sont surinvestis sur les supports les moins risqués. 50 % des avoirs PERCO des moins de 35 ans et 37 % de ceux des 35-45 ans sont investis en produits « monétaires ».

Mais qu’on ne s’y trompe pas. L’investissement en entreprise les intéresse. 79 % des 25-40 ans ont déjà investi en entreprise ou y songent. Les millennials ont bien compris qu’une part de risque pouvait leur permettre d’atteindre une meilleure rentabilité et l’acceptent.

Mais la nouvelle génération veut avant tout participer à une aventure humaine et technologique. Notamment par le biais du financement participatif, une forme d’investissement très répandue chez les 25-40 ans et en particulier chez les millennials (26 %).

La jeune génération privilégie les sociétés dont ils peuvent potentiellement être clients ou utilisateurs tels que les GAFA (Google, Amazon, facebook, Apple) et notamment les plateformes collaboratives comme Uber, BlaBlaCar ou Airbnb qui disruptent tous les secteurs économiques.

Le constat n’est pas nouveau. De nombreuses études, notamment américaines, ont montré que les millennials sont la « deflation generation ». Les générations du millénaire aurait  mieux intégré que leurs aînés que nous étions entrés dans une période de faible inflation où tout peut se comparer ou s’arbitrer. Le développement d’une économie digitale avec des coûts marginaux quasi nuls, une offre abondante en biens industriels, l’aversion totale aux risques avec une propension accrue à l’épargne constituent autant d’éléments pesant sur les prix.

Pour doper leur pouvoir d’achat, ils comptent davantage sur les plateformes collaboratives, les réseaux sociaux qui leur permettent d’accéder, à moindre prix, à des services et des biens qu’ils ne pourraient pas s’offrir faute de moyens.

L’accès aux biens se fait par la location avec des abonnements à moindre coût, en lieu et place de l’achat et son corolaire, le crédit à la consommation. L’achat de biens d’occasion voire l’échange de biens devient la norme. … Internet permet de comparer et de faire baisser en permanence les prix. Ces changements de comportements tirent les prix des produits vers le bas tout en rendant très accessibles des nouveaux services comme livraison des courses, de repas préparés, des heures de ménage, du bricolage.

Et plutôt que de chercher à maximiser leur épargne, ils préfèrent la sécuriser. La crise financière de 2008 est passée par la. Ils ne font absolument pas confiance aux acteurs financiers traditionnels.

Selon une étude d’UBS Investor Watch, aux États-Unis, le poids des liquidités détenues par les 25-35 ans en proportion de leurs revenus serait deux fois supérieur à celui des plus de 36 ans. D’autres études constatent que les jeunes américains abandonnent les placements traditionnels que sont les actions et les obligations au profit des trackers, des fonds indiciels, plus en phase avec les attentes des nouveaux épargnants : rapidité, transparence des coûts.

Plus inquiétant pour les banques traditionnelles, les jeunes générations jugent les robots-advisers, les algorithmes incontournables pour gérer leur épargne. Ils ont peu confiance dans le conseiller de leur banque et préfèrent s’en remettre à une gestion automatisée. Le recours à un conseiller financier suppose à leurs yeux d’avoir une fortune importante. Ce qu’il n’ont pas encore.

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