Imaginez posséder un morceau d’une Ferrari F40 estimée à 2,2 millions d’euros… pour 250 €. Ce n’est plus de la science-fiction. Depuis quelques années, les voitures de collection s’ouvrent enfin aux investisseurs ordinaires, grâce à des plateformes qui fractionnent la propriété de supercars d’exception. Mais est-ce vraiment un bon placement ? On décrypte tout.
Le marché des voitures de collection : des chiffres qui donnent le vertige
Le marché mondial des voitures de collection pèse 40 milliards d’euros, avec environ 30 000 véhicules d’exception répartis sur 85 modèles emblématiques. Ferrari capte à elle seule 37 % du segment — devant Porsche, Bugatti et Mercedes.
Côté performance, le HAGI Top Index (l’indice de référence du secteur) affiche une croissance moyenne de +10,7 % par an sur 15 ans. Avec un pic spectaculaire à +22 % en 2022, suivi d’une légère correction à -6,2 % en 2023. Le marché reste solide, mais il devient sélectif : seuls les modèles iconiques à l’historique irréprochable continuent d’attirer les capitaux sérieux.
💡 À titre de comparaison, le CAC 40 affiche une performance annuelle moyenne d’environ +7 % sur la même période. Les supercars font mieux — mais avec des règles du jeu très différentes.
Collectionneurs : la plateforme française qui démocratise l’accès aux supercars
Lancée fin 2023 par Sacha Gallo-Parouty — ingénieur de formation — Collectionneurs est la première plateforme française à proposer de l’investissement dans des supercars via la nue-propriété fractionnée.
Comment ça marche concrètement ?
La plateforme achète des véhicules d’exception, les découpe en parts, et les revend à des investisseurs particuliers. Les voitures sont exposées au Coligny Car Museum (propriété de la famille du fondateur) pendant cinq ans, roulent très peu (environ 100 km/an pour préserver leur valeur), puis sont revendues — et la plus-value redistribuée aux porteurs de parts.
Exemple concret : la Ferrari F40
- Valeur estimée : 2,2 millions d’euros
- Nombre de parts : 11 000
- Prix par part : 200 € (investissement minimum : 250 €)
- TRI cible : +15 % par an
- Valorisation espérée : 400 € par part au bout de 5 ans (soit +100 %)
La structure des frais :
- 10 % à l’entrée
- 3 % par an (stockage, assurance, maintenance)
- 5 % sur la plus-value finale
Point réglementaire important : En mars 2025, Collectionneurs a obtenu son enregistrement comme intermédiaire en biens divers auprès de l’AMF. C’est un signal fort dans un secteur encore peu encadré.
Et si la plateforme fait faillite ? Le schéma juridique prévoit que l’usufruit s’éteint, et les nus-propriétaires deviennent pleins propriétaires des véhicules. Une protection réelle, et assez rare dans les placements alternatifs. Une place de marché secondaire est aussi prévue pour fin 2025.
Caption.market : du rendement fixe, sans exposition au prix de la voiture
Autre approche, plus conservatrice : Caption.market propose un emprunt obligataire de 24 mois à 10 % d’intérêt annuel, garanti par un stock réel de véhicules détenus par un marchand professionnel.
Ici, vous ne devenez pas propriétaire d’une voiture. Vous prêtez à l’entreprise, et elle vous rémunère à taux fixe. Le ticket d’entrée est plus élevé (10 000 €), mais le risque est contractuellement borné.
Pour qui ? Les profils « rendement prévisible » qui préfèrent une logique de dette privée à une exposition au marché de la collection.
Supercar Sharing : l’investissement-plaisir (basé en Suisse)
Pour les passionnés qui veulent vivre leur investissement, Supercar Sharing propose une formule hybride : acquérir 10 % d’un véhicule dès 20 000 à 30 000 CHF, avec un droit d’usage annuel allant jusqu’à 3 000 km — et une possible revalorisation à la revente.
La liquidité est assurée par un marché secondaire interne, mais reste incertaine. Et attention : le cadre juridique suisse demande une vigilance particulière sur la fiscalité applicable aux résidents français.
Le tableau comparatif pour choisir
| Collectionneurs | Caption.market | Supercar Sharing | |
|---|---|---|---|
| Ticket d’entrée | 250 € | 10 000 € | 20 000–30 000 CHF |
| Durée | 5 ans | 2 ans | Variable |
| Type de rendement | Plus-value | Intérêt fixe (10 %/an) | Plus-value + usage |
| Régulation | AMF (IBD) | — | Suisse |
| Expérience physique | Essais privés (grands investisseurs) | Non | Oui (3 000 km/an) |
| Liquidité | Marché secondaire (fin 2025) | Contrat borné | Marché interne |
Est-ce un bon placement pour vous ?
Les voitures de collection ne sont pas un placement pour tout le monde. Voici ce qu’il faut garder en tête :
✅ Les points forts
- Actif tangible et décorrélé des marchés financiers
- Performances historiques supérieures à la Bourse sur 15 ans
- Cadre réglementaire en voie de structuration (AMF)
- Ticket d’entrée désormais accessible
⚠️ Les points de vigilance
- Illiquidité : votre argent est bloqué 5 ans chez Collectionneurs
- Marché sélectif : seuls les modèles iconiques performent vraiment
- Frais non négligeables (10 % à l’entrée + frais annuels)
- Secteur jeune, encore peu d’historique sur les plateformes elles-mêmes
La conclusion mylittlemoney
Les supercars fractionnées, c’est une vraie innovation patrimoniale. Pour une petite poche de diversification (5 à 10 % d’un portefeuille), Collectionneurs représente une option sérieuse et réglementée pour s’exposer à un marché historiquement performant — sans avoir à débourser un million d’euros.
Mais comme tout placement alternatif : ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier, et lisez attentivement la documentation avant d’investir.
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. Tout investissement comporte un risque de perte en capital.






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