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Cette niche fiscale qui va cartonner cette année !

Malgré les promesses répétées des politiques de les supprimer, les sacro-saintes niches fiscales ont encore de beaux jours devant elles. C’est le cas des Sofica qui bénéficient, cette année, d’un joli coup de pouce supplémentaire. Pas étonnant qu’elles cartonnent, en cette fin d’année.

Cofimage 30, Cofinova 15, Banque Postale Image 12… ces drôles de noms, vous les connaissez. Ils défilent généralement au générique de fin des films de cinéma. Ce sont des Sofica (société de financement de l’industrie cinématographique et audiovisuelle), des produits financiers destinés… au financement du cinéma. Chaque année, le CNC (Centre national du cinéma) dévoile une liste de Sofica autorisées à lever des fonds pour financer de futurs films. Cette année, elles sont 11. Et elles pourront lever 63 millions d’euros.

Pour attirer des investisseurs, au delà des cercles de cinéphiles et des amoureux du cinéma français, les pouvoirs publics leurs offrent une sacrée carotte fiscale : une réduction d’impôt de 48% de l’investissement. En clair, vous investissez 100 euros et vous en retirez 48 de vos impôts. C’est beaucoup plus que l’année dernière, la réduction était de 36%.

Si vous êtes intéressés, sachez que vous devrez investir au minimum 5 000 euros. Pour le maximum, ca va dépendre de votre revenu. Vous ne pourrez pas déduire plus de 25 % de votre revenu net global. Et ce dans la limite de 18 000 euros. Au final, la réduction maximale peut atteindre 8.640 euros par foyer fiscal (que l’on soit célibataire ou en couple).

C’est une des très rares niches fiscales à ne pas être concernées par le plafonnement à 10 000 euros. Alors si vous avez déjà des frais de la nourrice, une femme de ménage, de l’immobilier locatif, etc., les Sofica sont faîtes pour vous !

A condition d’accepter le risque que votre argent finance aussi pas mal de « nanards », comme Valerian de Luc Besson, le plus gros échec de 2017. Le mieux est de ne pas espérer retrouver sa mise à la fin, lors de la liquidation de la Sofica. Par le passé, celles qui ont été remboursées (après une durée de blocage comprise entre 5 et 10 ans), ont restituée au mieux entre 80% et 90% de l’investissement initial. Le gain de ce placement provient donc exclusivement de l’avantage obtenu sur sa feuille d’impôt. Sachez qu’un investisseur remboursé à hauteur de 70% de sa mise obtiendra une rentabilité annuelle moyenne de 5,2%… contre seulement 1,6% avec l’ancien avantage fiscal de 36%.
Quel que soit le niveau du remboursement à la sortie, la hausse à 48% de la réduction d’impôt va donc permettre d’accroître la rentabilité annuelle des investissements en Sofica de 3,5 points environ. Un gain loin d’être négligeable. Ainsi, avec seulement 80% de remboursement au bout de 5 ans, la rentabilité dépassera déjà les 7,5%.
Quand ca tourne mal, le remboursement se fait au bout de 10 ans. La rentabilité s’en trouve nécessairement affectée. Un investisseur remboursé à seulement 60% de son investissement au bout de 10 ans dégagera encore 1,9% de rentabilité annuelle… contre -0,6% jusqu’ici avec l’allègement fiscal de 36%.

Pas étonnant que ces produits cartonnent. Un conseil : rapprochez vous vite des réseaux bancaires qui les commercialisent. Cofimage 30 est proposée par les Caisses d’Epargne et les Banques Populaires, Cofinova 15 au Crédit Mutuel et au CIC, la Banque Postale Image 12 pour la banque éponyme ou encore Sofitvciné 6 au le Crédit Agricole et SG Image à la Société Générale. D’autres sont proposés par des conseillers en gestion de patrimoine indépendants. C’est le cas de Cinecap2, Cinemage 13, Cineventure 4, Indefilm 7 Manon 9 et Palatine Etoile 16. Et n’hésitez pas à faire les yeux doux à votre conseiller. Les Sofica sont généralement réservées aux meilleurs clients.

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Jean-Jacques Manceau

Jean-Jacques Manceau est diplômé d’un DEA d’Etudes politiques de Lille 2. Il commence sa carrière de journaliste à la Voix-du-Nord et à l’Etudiant avant de se spécialiser dans l’économie et la finance. D’abord au Revenu puis à Capital. Il devient rédacteur en chef à l’Expansion en 2002. Spécialiste en stratégie d'entreprise, il écrit en 2010 un ouvrage sur « Le Club Med, réinventer la machine à rêve ». En 2012, il s’oriente dans la communication en devenant Directeur de la communication externe d'une multinationale du sport. Il est aujourd'hui auteur et éditorialiste.

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