La casquette de baseball devient Made in France pour passer des terrains de sports au catwalk des défilés

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C’est une des icônes de la culture américaine, au même titre que le hamburger ou le bold eagle. Aux Etats-Unis, la casquette baseball fait office de couvre-chef national. Aujourd’hui la casquette retwistée par des marques luxe s’affiche sur les podiums des défilés de mode. Certaines marques en font même une vitrine du savoir-faire made in France.

 

Pourtant rien ne prédestinait cette simple calotte souple ajustable à l’arrière, grâce à une attache en plastique, en Velcro, est dotée et dotée d’une visière rigide à devenir la star des chapeaux. Aujourd’hui, elle la touche ultime d’un look hyper branché. Retour sur une histoire hors norme.

La casquette baseball, vous connaissez ? Oui, celle de tonton Jean-Pierre, logotée aux couleurs du tour de France 84. Elle vient des chapeaux à larges bords très populaires à la fin du XIXème siècle, comme la deerstalker de tweed emblématique des illustrations de Sherlock Holmes, la casquette de jockey, les képis militaires, les borsalinos et les canotiers.

Headoniste, la casquette premium made in france

Les premières casquettes de baseball n’étaient portées que par les joueurs de baseball, du milieu à la fin du XIXème siècle. Elles étaient confectionnées en laine avec une visière en cuir.

Il faut attendre le 20ème siècle pour que cet accessoire sorte des terrains pour se glisser dans la garde-robe quotidienne des ouvriers dans les usines puis des cadres.

Aujourd’hui, la casquette de baseball est parfois portée de façon ironique ou pour montrer son appartenance à la classe ouvrière. Mais des maisons de mode comme A.P.C, Off-White, Burberry, Brunello Cucinelli, Gucci et Kenzo ont toutes confectionné des versions haut de gamme de la casquette, la faisant définitivement basculer sur le terrain du luxe.

Fait nouveau, la casquette de type baseball redevient une vitrine du savoir-faire français. Une jeune marque, Headoniste, réinvente l’accessoire en proposant la seule gamme de casquettes 100 % made in France. Sa créatrice, Véronique Boute, une professionnelle de la mode qui a fait ses armes aux Galeries Lafayette et chez Burton of London, redonne ses lettres de noblesse à la casquette baseball en l’habillant de tissus exceptionnels. Des tissus jacquard de chez Deveaux à Lyon, des laines et des cuirs recyclées en provenance des grands défilés sont découpés à la main et assemblés dans une chapellerie traditionnelle en Normandie. Le résultat est à la hauteur.

Headoniste, la casquette premium made in france

« La casquette est un produit très complexe à fabriquer. A l’heure où toutes les marques, y compris celle du luxe sous-traitent toute ou partie de la production au Viet-Nam ou en Bulgarie, nous avons fait le choix de produire local, des casquettes en série limitée, pour limiter notre impact sur l’environnement », explique Véronique Boute. Une démarche qui séduit une clientèle haut-de-gamme, à la recherche d’un produit unique et élégant. Quelques mois après son lancement la marque est distribué au BHV Marais et chez des retailers très haut-de-gamme, comme Bernard Orcel à Courchevel et à Val DIsère.

A mesure que la casquette monte en gamme, elle s’éloigne de la casquette « originale » crée au début du 19ème siècle. C’est en 1901 qu’un logo fit pour la première fois son apparition, lorsque les Tigers de Detroit firent broder un écusson d’un tigre orange en pleine course sur le devant de la casquette. En 1903, la visière fut attachée plus solidement, et des modèles de visières plus longues furent introduits dans les années 1920 et 1930, tandis le viseur se faisait plus rigide. La couronne prit une forme plus haute au cours des années 1940, permettant de transformer la casquette en panneau de publicité et finissant de lui conférer sa forme actuelle.

L’aspect de la casquette n’a pas significativement évolué depuis les années 1950, même si elle est devenue très populaire avec la diffusion télévisée des matchs de baseball.

Dans les années 1960, les groupes industriels américains se rendirent compte du potentiel de ce chapeau pour faire connaître leurs noms et leurs logos,

ce que l’on appelle aujourd’hui les casquettes trucker et qui ont connu un grand succès dans les années 1970 et 1980.

Au même moment, on vante la protection solaire offerte par la casquette, à la fois pour les hommes et pour les femmes. Et les numéros estivaux de Vogue de cette époque contribuent à rendre cet accessoire unisexe. Pour finir, la présence de la casquette de baseball sur de nombreuses stars des écrans de télévision et de cinéma, comme Tom Selleck dans Magnum, Mac Gyver ou Tom Cruise dans Top Gun permit de concrétiser le passage de la casquette du domaine du sport à celui de la mode.

Une fois entrée dans le domaine public, les hommes et les femmes se mirent à expérimenter avec son style, en la retournant, ou la mettant de côté pour exprimer leurs personnalités.

La casquette fut adoptée par les musiciens, rappeurs, punks et grunge à l’unisson, des années 1990 à la génération MTV des années 2000, impossible de passer à côté de la casquette. Les stars se mirent à utiliser les vertus protectrices de la casquette contre les paparazzi.

En gagnant en popularité, l’accessoire se mit également à passer les frontières et la casquette fait désormais partie de l’uniforme des jeunes et des moins jeunes dans le monde entier.

 

 

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