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Baisse du Livret A : Tendance de fond ou stratégie des banques ? 


Pourquoi les banques vont se remettre à vous proposer massivement des Livrets A

Depuis plusieurs mois la collecte du Livret A baisse. Désamour des Français pour ce produit d’épargne ou simple stratégie opportuniste des banques ?

Cela fait plusieurs mois que cela dure ! La collecte du livret A et du LDDS (livret de développement durable et solidaire) baisse. Si elle est positive en juin, à 520 millions d’euros, son montant collecté est le plus faible depuis le début de l’année. La collecte avait déjà sérieusement ralenti en mai (640 millions d’euros) après un début d’année solide (2,4 milliards d’euros en moyenne sur les quatre premiers mois). Bilan : sur les six premiers mois de l’année, la collecte nette s’élève en cumul à 10,78 milliards d’euros, un montant légèrement inférieur à celui de la même période de 2017 (11,28 milliards).

Retour en grâce annoncé du Livret A

Mais la donne pourrait changer très rapidement pour le produit d’épargne le plus connu des Français.
Car les raisons de la baisse de la collecte sont plus à rechercher du côté des banques que des épargnants. Depuis plusieurs mois, les banques ont volontairement limité la collecte du livret A.

Dans le sillage de la crise financière de 2008, le législateur européen a introduit un nouvel indicateur de risque dans la gestion des fonds propres des banques : le ratio de levier. Il oblige les banques à constituer des réserves de fonds propres proportionnels à l’épargne collectée, notamment via les livrets A et de développement durable (LDD).

Pour une banque, la notion de fonds propres est essentielle car elle mesure sa solidité financière et donc sa capacité à faire face aux risques éventuels liés à ses activités (non remboursement de crédits distribués ou autres pertes de valeur de ses actifs). Les banques doivent être en permanence solvables, c’est-à-dire pouvoir faire face à leurs engagements à tout moment. Pour augmenter ses fonds propres, les banques doivent donc mobiliser une partie importants de leurs bénéfices ou demander à leurs actionnaires d’augmenter son capital.

Mécontente, les 6 grandes banques françaises concernées ont donc saisi le tribunal de l’UE. Au motif que les deux tiers de la collecte des Livrets ne restent pas dans leur caisse mais sont transférés à la Caisse des dépôts (CDC).

Ce dernier leur a donné raison ce vendredi en annulant le refus de la BCE. Selon le tribunal, « la BCE a en effet commis des erreurs de droit et des erreurs manifestes d’appréciation ».
Le livret A et ses petits frères risquent donc de revenir en force dans les discours commerciaux des conseillers en agence !

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Jean-Jacques Manceau

Jean-Jacques Manceau est diplômé d’un DEA d’Etudes politiques de Lille 2. Il commence sa carrière de journaliste à la Voix-du-Nord et à l’Etudiant avant de se spécialiser dans l’économie et la finance. D’abord au Revenu puis à Capital. Il devient rédacteur en chef à l’Expansion en 2002. Spécialiste en stratégie d'entreprise, il écrit en 2010 un ouvrage sur « Le Club Med, réinventer la machine à rêve ». En 2012, il s’oriente dans la communication en devenant Directeur de la communication externe d'une multinationale du sport. Il est aujourd'hui auteur et éditorialiste.

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